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La délation, arme fatale pour traquer les locations illégales sur Airbnb

Berlin appelle ses habitants à dénoncer les locations illégales via les plateformes type Airbnb, via un site web sur lequel ils pourront mentionner l'adresse d'immeubles où sont séjournent régulièrement des touristes.

Berlin appelle ses habitants à dénoncer les locations illégales via les plateformes type Airbnb, via un site web sur lequel ils pourront mentionner l'adresse d'immeubles où sont séjournent régulièrement des touristes. - Martin Bureau - AFP

"À Berlin, pour louer sur Airbnb, il faut faire une demande officielle. À défaut, on risque une amende pouvant atteindre 100.000 euros. Et pour être sûre que son interdit soit respecté, Berlin compte désormais aussi sur l'aide de ses habitants."

La ville de Berlin a décidé de faire la guerre aux propriétaires qui louent, sans le déclarer, leur(s) appartement(s) à des touristes. Ils sont nombreux. La capitale allemande est la troisième ville la plus visitée d'Europe après Londres et Paris. En 2015, elle a battu tous les records avec 12,4 millions de visiteurs qui en moyenne sont restés 2,4 nuits. Une manne pour les hôtels de la ville. Mais également pour ceux qui préfèrent mettre leur appartement en location saisonnière sur Airbnb, ou d'autres sites offrant aux touristes une alternative à la classique chambre d'hôtel.

La ville estime à environ 12.000 le nombre de logements qui ne sont, du coup, plus accessibles aux Berlinois désireux de déménager. Pour limiter ce qu'elle considère comme une dérive, elle a donc décidé d'exiger de ces propriétaires qu'ils se fassent connaître et qu'ils demandent une autorisation pour continuer à pratiquer ces très lucratives locations saisonnières.

Une amende de 100.000 euros

Jusqu'à maintenant, près de la moitié d'entre eux ont choisi de faire la sourde oreille. Ils risquent désormais très gros. La ville entend leur infliger une amende pouvant atteindre 100.000 euros, soit la valeur d'un appartement de 30 à 40m2 dans cette ville où l'immobilier reste bien plus abordable que dans les autres grandes capitales européennes.

Mais pour que la peur du gendarme joue à plein, la ville, qui manque singulièrement de moyens financiers et humains, compte aussi sur ses citoyens dont beaucoup sont outrés de voir les touristes faire ainsi grimper les loyers ou déranger la quiétude des copropriétés avec leur goût immodéré pour la fête. Les autorités berlinoises les appellent donc à dénoncer, sur un document mis en ligne sur internet, les propriétaires qui mettent leur bien immobilier en location sur ces plateformes. Concrètement, n'importe qui pourra, anonymement, prévenir les autorités de l'existence d'un appartement loué à des touristes en mentionnant son adresse. Un appel qui a... Cliquez ici pour lire la suite

Aux États-Unis, le site HuntBnb a fait long feu

Lancé en 2014 et fermé depuis, le site HuntBnb avait pour objectif de chasser les sous-locations illégales. Il devait permettre aux propriétaires de repérer si les occupants de leur logement avaient publié une annonce sur les plateformes de locations type Airbnb. 

Concrètement, le propriétaire n'avait qu'à entrer l'adresse du bien dans le moteur de recherche du site, et Huntbnb se chargeait ensuite de publier la liste des annonces Airbnb situées dans un rayon de 500 mètres autour du lieu indiqué, mais non à l'adresse exacte, celle-ci étant la plupart du temps masquée sur les annonces. 

Mais comme l'avait expliqué le journal Le Monde à l'époque où le site venait d'ouvrir, les résultats n'étaient pas forcément convaincants. Le site semblait laisser passer un grand nombre d'annonces, notamment dans les zones où elles pullulent, comme à New York.

J.Mo. et P.K.