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L'auto-édition a trouvé son public en France

Les publications de livres auto-édités se multiplient

Les publications de livres auto-édités se multiplient - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Les auteurs sont de plus en plus nombreux à s'auto-publier. Mais à l'occasion du salon du Livre, qui se tient jusqu'au 24 mars à Paris, les éditeurs classiques font part de leur scepticisme.

Le 34eme salon du Livre a ouvert ses portes vendredi 21 mars et jusqu'au 24. Au côté des stands d'éditeurs classiques, les auteurs auto-édités dédicacent leurs livres. Cette forme de publication, qui connaît un grand succès aux Etats-Unis, commence à s'imposer en Europe.

"En Amérique, 390.000 livres auto-édités ont été publiés en 2013", rappelle David Stut, directeur général d'Edilivre, une société qui aide à auto-éditer. " Cette croissance arrive en France. Notre croissance personnelle est de 73% par mois". Son entreprise, qui propose de publier les œuvres des auteurs, a un répertoire de 7.000 titres en France.

Même optimisme pour Books on Demand, qui a aidé 25.000 auteurs à s'auto-publier dans toute l'Europe, selon Noémie Derhan, chargée de projet.

Des services de relecture minimalistes

Ces éditeurs n'ont, en effet, pas de raison de faire la fine bouche: publier des livres électroniques ne leur coûte quasiment rien, et les versions papier ne sont imprimées qu'une fois la commande passée par le lecteur.

Les auteurs ne reçoivent aucun paiement à la livraison du manuscrit, et peuvent même avoir à payer s'ils veulent bénéficier d'une réelle relecture ou de différents services éditoriaux.

"Les livres sont relus en diagonale", uniquement pour contrôler qu'ils sont publiables d'un point de vue technique et éthique, reconnaît Noémie Derhan. Chez Edilivre, seuls "25% des manuscrits sont refusés", selon David Sut.

Un manuscrit publié sur 1.000 dans une maison d'édition classique

Ce manque de tri justifie l'orgueil de Jean-Daniel Belfont, directeur des éditions de l'Archipel, qui se qualifie lui-même d'"éditeur véritable". Sur 1.000 manuscrits reçus chaque année, "on n'en publie même pas un", explique-t-il.

Selon lui, les "vrais auteurs, qui ont vocation à trouver des lecteurs", doivent trouver un éditeur. Mais pour David Stut, l'auto-édition peut aussi être une première étape vers un rachat par un éditeur traditionnel, comme cela a été le cas de l'auteur de Cinquante nuances de Grey, de E.L James.

BFM Business avec J.S