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Intermittents: le gouvernement va-t-il leur céder?

Les intermittents menacent de perturber les festivals de l'été

Les intermittents menacent de perturber les festivals de l'été - -

Les intermittents du spectacle multiplient les actions pour peser sur le gouvernement pour qu'il n'agrée pas la nouvelle convention chômage qui doit entrer en vigueur le 1er juillet et qui modifie leur régime d'indemnisation.

Le gouvernement va-t-il céder une nouvelle fois aux intermittents du spectacle? Dans les prochains jours, François Rebsamen, le ministre du Travail, doit agréer le nouvelle convention chômage signée par les partenaires sociaux le 22 mars et qui doit s'appliquer à compter du 1er juillet.

Or, celle-ci prévoit une (petite) réforme du fameux régime d'indemnisation des intermittents du spectacles afin de résorber une partie du déficit qui atteint plus de 800 millions par an, soit le quart du déficit de l'Unédic alors que les intermittents ne représentent que 4% des chômeurs indemnisés. Pour faire 100 millions d'économies par an, les partenaires sociaux ont prévu de plafonner davantage le cumul indemnités et salaires et de mettre en place un nouveau délai de carence avant d'être indemnisé.

Ce sont ces mesures que les intermittents contestent. Ils ont visiblement le soutien de la ministre de la Culture, Aurélie Filipetti. Depuis plusieurs jours, ils multiplient les actions de blocages de spectacles et menacent de perturber les festivals qui doivent se dérouler cet été, comme ils l'avaient fait en 2003.

Filipetti et Rebsamen sur des lignes différentes

Déjà, sous la pression d'Aurélie Filipetti, les partenaires sociaux ont revu leur copie en avril. Par rapport à la version initiale, la nouvelle convention prévoit un mode de calcul plus favorable du différé d'indemnisation des intermittents. Un manque à gagner de 20 millions d'euros pour l'Unedic.

Aurélie Filipetti souhaite que les partenaires sociaux fassent encore des efforts. Sans qu'elle dise comment équilibrer les comptes de l'Unédic. "Le gouvernement est soucieux du respect du dialogue social mais ne veut pas que les intermittents servent de variable d'ajustement".

Une ligne qui n'est pas vraiment celle du ministre du Travail qui ne veut pas donner l'impression de contester ce qu'ont décidé les partenaires sociaux. En attendant, le gouvernement a nommé, samedi 7 juin, un médiateur, le député PS Jean-Patrick Gille, qui doit faire des propositions d'ici 15 jours.

Le titre de l'encadré ici

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> 123.000 intermittents (40.000 en 1987)

> 800 millions d'euros par an de déficit de leur régime d'indemnisation (sur près de 4 milliards au total pour l'Unédic), selon la Cour des Comptes

 > 5,5 euros d'indemnités versées pour 1 euro de cotisations ( 0,9 euro pour un salarié classique)

P.C