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Guide-conférencier, une profession en danger?

Les guides-conférenciers perdent leur carte professionnelle.

Les guides-conférenciers perdent leur carte professionnelle. - Malibu - Témoins BFMTV

La loi sur la simplification prévoit de supprimer leur carte professionnelle. Un choix qui pourrait précariser cette profession.

Si l'on entend largement les avocats ou les notaires s'insurger contre la loi Macron, il est une profession discrète mais qui pourrait également voir son environnement chamboulé dans un avenir proche: les guides-conférenciers. Une disposition de la loi sur la simplification prévoit, en effet, de supprimer leur carte professionnelle.

"Ce métier permet aux visiteurs français et étrangers de découvrir et d'apprécier le patrimoine culturel français", peut-on lire sur le site du ministère de l'Economie. Et pour être certain que ce patrimoine français soit diffusé correctement, "le guide conférencier doit avoir une bonne culture générale, des connaissances approfondies en histoire, histoire de l'art, ethnographie, économie, géographie".

Et jusqu'alors, afin d'être certain que le visiteur ait affaire à une personne qualifiée, le guide-conférencier devait être détenteur de la carte professionnelle de sa profession. Elle était délivrée aux titulaires de la licence professionnelle de guide-conférencier ou aux titulaires d’un diplôme national de master ayant validé au cours de leur formation les trois unités d’enseignement complémentaire "compétences des guides-conférenciers", "mise en situation et pratique professionnelle" et "langue vivante étrangère".

Vers des "faux" guides?

La loi sur la simplification prévoit donc de remplacer cette carte par une inscription à un registre national. Pour les guides-conférenciers, c'est la réputation de la France qui est en jeu. Ils estiment qu'il suffira de s'inscrire à un registre pour exercer ce métier. "Le risque c'est qu'ils racontent n'importe quoi aux touristes. Qui ira vérifier?", déplore un guide-conférencier.

Mais tout l'enjeu n'est pas là. Cette profession est déjà très précaire. Il existe aujourd'hui 5.000 guides officiels et la plupart enchaînent des CDD ou des missions avec le statut d'autoentrepreneurs. En ouvrant ainsi à la concurrence, les guides craignent une précarisation accrue de leur profession, puisqu'il suffira d'être inscrit à un registre pour exercer. Des guides étrangers pourront donc s'établir en France.

Diane Lacaze