BFM Business

Football: l'Espagne et le Portugal attaquent la Fifa

Le transfert du prodige brésilien, Neymar, de Santos à Barcelone a fait l'objet d'un procès du fait que les frais auraient été payés par un tiers.

Le transfert du prodige brésilien, Neymar, de Santos à Barcelone a fait l'objet d'un procès du fait que les frais auraient été payés par un tiers. - LLUIS GENE - AFP

Les ligues de football professionnel espagnole et portugaise ont saisi la Commission européenne, estimant que les règles de la Fifa sur la propriété de joueurs par des tiers est contraire au droit européen.

En réponse aux règles économiques fixées par la Fifa, les ligues espagnole et portugaise contre-attaque sur le même terrain. Les ligues de football professionnel de l'Espagne et du Portugal ont dénoncé devant la Commission européenne la décision de la Fifa d'interdire la propriété de joueurs par des tiers. Une règle appelée TPO, pour "third-party ownership".

"Cette interdiction enfreint les normes de protection de la concurrence du Traité de fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), ainsi que les libertés fondamentales d'établissement, de prestation de service, de travail et de circulation de capitaux", écrivent les deux ligues dans un communiqué commun.

Entrée en vigueur le 1er mars

Cette plainte "peut entraîner une sanction de plusieurs millions d'euros pour la Fifa et des indemnités pour les clubs, les joueurs et les tiers affectés", affirment les deux ligues, qui ont dénoncé la décision de la Fifa devant la direction générale de la concurrence de la Commission européenne.

Le comité exécutif de la Fifa a annoncé le 19 décembre qu'il mettrait en application au 1er mai son interdiction de la propriété de joueurs par des tiers. La Fifa précisait alors que "les accords déjà existants doivent être maintenus jusqu'à leur expiration contractuelle" et que "les nouveaux accords signés entre le 1er janvier et le 30 avril" seront limités à une durée d'un an maximum.

La Fifa a pris cette décision sous la pression de l'UEFA, dont le président, Michel Platini, dénonce le fait que les joueurs ne soient plus maîtres de leur avenir parce qu'ils appartiennent "de plus en plus souvent à des sociétés opaques basées dans des paradis fiscaux et contrôlées par on ne sait quel agent ou fonds d'investissement".

La pratique des joueurs possédés par des tiers est encore essentiellement en vigueur en Amérique du sud. Elle est présente aussi en Espagne et au Portugal. Les droits sportifs des joueurs sont en copropriété entre des clubs et des investisseurs.

N.G. avec AFP