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Football à 5: pourquoi la Fédération française se rapproche des "Urban"

La pratique du foot à 5 s'est développée à grande vitesse en France.

La pratique du foot à 5 s'est développée à grande vitesse en France. - Bastien Lheritier - FFF

En signant un partenariat avec le réseau UrbanSoccer, et ses terrains de foot pour équipes de 5 joueurs, la FFF investit un domaine dans lequel elle brillait par son absence. Et consacre du même coup les acteurs d’un marché qui semble avoir trouvé leur équilibre.

Pratique de plus en plus répandue, le foot à 5 semble avoir réussi son pari. À tel point que les instances dirigeantes du football français, autrefois réticentes, s’intéressent de près au phénomène. C’est dans ce contexte que la Fédération française a signé jeudi un partenariat avec le réseau UrbanSoccer, qui détient quelque 35 centres répartis un peu partout dans le pays.

"Nous avons un axe stratégique autour du développement du foot loisir", explique Pierre Samsonoff, le directeur de la Ligue de football amateur, émanation de la FFF. "En France, il y a 5 millions de personnes qui pratiquent le football. Or, seulement 2 millions le pratiquent dans des clubs affiliés à la FFF. Le reste s’est donc tourné vers d’autres pratiques. Nous, on est restés trop longtemps sur le modèle classique du foot à 11, avec deux entraînements par semaine".

Un constat qui a poussé la 3F à mettre la main à la poche. "On a commencé à investir dans des infrastructures - prises en charge en grande partie par les collectivités - susceptibles d’accueillir les pratiquants de foot à 5, foot à 7 ou futsal", poursuit le dirigeant. Une enveloppe d’un million d’euros par an y est ainsi consacrée.

UrbanSoccer pourra utiliser l'image de l'Équipe de France

Mais la fédération mise également sur les structures existantes pour rattraper son retard. C’est le sens du partenariat signé avec UrbanSoccer: "Les licenciés FFF bénéficieront de réductions tarifaires pour accéder aux terrains, les clubs de ligues et de districts pourront y organiser des événements", se félicite Pierre Samsonoff.

Du côté d’UrbanSoccer, on se réjouit également du contrat passé avec la 3F. Pour son directeur Julien Falgoux, "cela prouve que le football classique et le foot à 5 ne sont pas opposés, ils sont complémentaires".

Celui qui dirige l’un des deux plus gros réseaux de France (avec son concurrent Le Five) détaille les avantages pour son entreprise: "D’une part, cela va faire venir plus de monde dans nos centres. On aura également l’occasion de pouvoir offrir à nos joueurs des billets pour des matchs des Bleus. Mais aussi d’utiliser l’image de l’Équipe de France pour des animations, des anniversaires, etc."

Une nouvelle arme pour l'entreprise sur un marché très concurrentiel. Car outre les franchises du réseau Le Five, des dizaines de centres indépendants ont fleuri ces dernières années. Avec le même modèle économique basé sur les locations de terrains (compter une dizaine d’euros par heure et par joueur), mais aussi les animations et tournois organisés par les entreprises. Un marché qui semble toutefois être arrivé à maturité, puisque l’on recense de moins en moins d’ouvertures ces derniers mois.

Yann Duvert