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F1: les nouveaux moteurs hybrides sont-ils trop coûteux?

La Mercedes de Nico Rosberg sera équipée de moteurs V6 turbo hybrides

La Mercedes de Nico Rosberg sera équipée de moteurs V6 turbo hybrides - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La nouvelle saison de Formule 1 débute ce dimanche 16 mars avec le Grand Prix d’Australie. Pour ce cru 2014, le règlement a imposé de nouveaux moteurs hybrides qui vont changer la donne aussi bien sportivement qu’économiquement.

La discipline star du sport automobile se remet en piste ce dimanche 16 mars. La nouvelle saison de Formule 1 débute, en effet, avec le Grand Prix d’Australie à Melbourne.

Le règlement de ce millésime 2014 a introduit une nouveauté qui risque de causer bien des changements: les monoplaces rouleront cette saison, pour la première fois, avec des moteurs V6 turbo hybrides, plus petits (100 kg d'essence contre 150) et plus économes en carburant.

Cette décision est censée incarner le virage pris par la Formule 1 qui chercher à gommer l’image d’un sport pollueur. Accessoirement, ce changement de réglementation doit aussi permettre aux trois motoristes qui ont relevé ce défi, Mercedes, Ferrari et Renault, de travailler à des avancées qui sont censés bénéficier à leur modèle de série.

"Une montagne d'argent"

Mais ce bouleversement n’est pas sans susciter des critiques. Les premières émanent du grand argentier de la F1, Bernie Ecclestone qui, fin janvier, a déclaré au magazine Bild qu’“une chose est déjà certaine : tous ces changements coûtent une montagne d'argent. Les moteurs que nous avions avant étaient bons.

Christian Horner, le directeur général de Red Bull Racing, écurie quadruple championne du monde en titre, évoquait, lui aussi en janvier, dans un entretien à formula1.com “des coûts significatifs,cette année”, ajoutant que l’introduction de ces nouveaux moteurs “représente peut-être un fardeau non nécessaire pour toutes les équipes”.

Selon le Financial Times, les V6 turbo sont plus onéreux. Le journal britannique explique que les écuries dépensaient l'an dernier 7 millions de dollars par saison pour se payer un moteur fabriqué par un des fournisseurs de la F1.

Ce chiffre devrait tripler pour atteindre environ 20 millions de dollars, alors que les équipes peinent à trouver des sponsors, dans un contexte de morosité économique.

"80% des équipes en difficultés financières"

La promotion de Pastor Maldonado, un “pilote payant” en est un bon exemple. Alors qu’il n’a récolté qu’un tout petit point l’an dernier avec Williams, le Vénézuélien, soutenu par la compagnie pétrolière nationale Petroleos de Venezuela, a été catapulté cette saison deuxième pilote de Lotus, une écurie de premier rang.

Plus globalement, les équipes peinent a joindre les deux bouts financièrement. Lotus a connu l’an passé d’importants soucis qui l’ont empêché de payer le salaire du pilote finlandais Kimi Raïkonnen avant le mois d’octobre

Le propriétaire de l'écurie, Gérard Lopez, estimait que “pour 80% des équipes, la situation financière n’est pas meilleure que la nôtre”. Dans ce contexte, l’arrivée de moteurs hybrides plus chers n’est pas forcément pour aider.

L’an prochain, une autre initiative viendra compliquer la donne: l'introduction d'un “cost cap”, autrement dit une limite de coûts, dont les modalités doivent encore être précisées. L’idée fait là encore déjà grincer des dents dans les paddocks...

Julien Marion