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EDF: Proglio objet d'une enquête pour "trafic d'influence"

Henri Proglio est bien visé par une enquête pour "trafic d'influence", à six mois du vote sur son maintien à la tête d'EDF.

Henri Proglio est bien visé par une enquête pour "trafic d'influence", à six mois du vote sur son maintien à la tête d'EDF. - -

Des sources judiciaires ont confirmé aux agences AFP et Reuters que le patron d'EDF est bien visé par une enquête préliminaire. Il aurait "sponsorisé" son actrice d'épouse avec les fonds de l'entreprise.

L'affaire tombe très mal pour le PDG d'EDF qui s'apprête à remettre son mandat en jeu dans moins de six mois. Les agences Reuters et AFP confirment, ce lundi 9 juin, les informations dévoilées par Le site du Point, dimanche, selon lesquelles Henri Proglio fait l'objet d'une enquête pour "trafic d'influence".

Le patron du groupe public est soupçonné d'avoir sponsorisé son épouse, la comédienne Rachida Khalil, avec les fonds de l'entreprise qu'il dirige. Des prestataires et la fondation de mécénat d'EDF auraient été mis à contribution.

Cette enquête préliminaire du parquet de Paris est consécutive à un signalement à l'été 2013 de Tracfin. La cellule de Bercy chargée de surveiller les mouvements financiers suspects avaient été alertée par les banques de la femme d'Henri Proglio.

D'importantes rentrées en liquide

Ces établissements s'étaient émus de versements douteux sur le compte de l'actrice. Notamment un transfert de 20.000 euros sur l'un de ses comptes, versés par une entreprise sous-traitante d'EDF. Le Point évoque en outre d'importantes rentrées en liquide ainsi qu'un versement de la Fondation EDF à une société de production de l'artiste.

Ni Henri Proglio, ni Rachida Khalil n'acceptent de commenter le sujet. A l'été 2013, au moment des premières rumeurs sur cette affaire, Henri Proglio avait dénoncé "une manipulation". "Mais il en faut davantage pour me déstabiliser. 'Caramba, encore raté'", avait-il ajouté.

Une allusion aux rumeurs sur la non-reconduction la tête d'EDF de ce grand patron nommé par Nicolas Sarkozy en 2009. En novembre, l'assemblée générale des actionnaires doit se prononcer sur le renouvellement de son mandat à la tête de l'entreprise détenue à 84% par l'Etat.

N.G. et avec agences