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Devant les députés, Macron a dressé un constat "sévère" de l'audiovisuel public

Emmanuel Macron a demandé aux députés de "s'emparer de la réforme de l'audiovisuel public"

Emmanuel Macron a demandé aux députés de "s'emparer de la réforme de l'audiovisuel public" - Ludovic Marin - AFP

Lors d'une réunion avec les députés de la majorité, le président de la République a indiqué qu'il n'était pas satisfait de la transformation de l'audiovisuel public.

Emmanuel Macron a fait devant des députés de la majorité un constat "sévère" sur la gouvernance de l'audiovisuel public, ont rapporté mardi des élus LREM, tout en démentant, comme l'Elysée, des propos au vitriol rapportés par l'hebdomadaire l'Express.

L'Elysée a démenti "formellement la phrase rapportée par l'Express", selon laquelle le chef de l'État a dit que l'audiovisuel public serait "la honte de la République", lors d'une réunion lundi soir avec des députés de la majorité de la commission des Affaires culturelles. L'entourage du chef de l'Etat s'est par ailleurs refusé "à tout commentaire s'agissant d'un échange qui n'avait pas vocation à être public".

"Un constat sévère"

Cette phrase, démentie auprès de l'AFP par plusieurs élus LREM, dont le président de la commission Bruno Studer, a déclenché une polémique.

Les députées communistes Elsa Faucillon et Marie-George Buffet ont notamment dénoncé dans un communiqué des "propos indignes" émanant selon elles d'un président devenu "désormais ennemi de l'audiovisuel public". La CGT de France Télévisions, premier syndicat du groupe, y a aussi vu "une honte" et "une insulte pour les personnels, les téléspectateurs et les programmes de l'audiovisuel public". Des journalistes de Radio France s'en sont également émus sur Twitter.

Des élus LREM ont toutefois reconnu, à l'instar du chef de file LREM de la commission, Gabriel Attal, que le président avait fait "un constat sévère" sur "la gouvernance" de l'audiovisuel public.

Ce constat ne concernait "pas le personnel" mais portait sur "l'adaptation à la transition numérique, le renforcement des synergies, la production de contenus sur internet, la lutte contre la désinformation, le renforcement de l'accès à l'éducation et à la culture", selon lui.

Se saisir de la réforme

"Quelqu'un cherche à créer des polémiques, je ne sais pas qui ou pourquoi", a déclaré Aurore Bergé, une porte-parole du groupe LREM, démentant aussi "catégoriquement" auprès de l'AFP les propos attribués au président.

Lors d'un discours de plus d'une heure consacré aux différents sujets de la commission, dont l'Éducation et la Culture, le chef de l'État "a demandé aux parlementaires de s'emparer de la réforme de l'audiovisuel public", selon elle. Il a notamment estimé que l'audiovisuel devait "investir davantage à destination de ceux qui sont éloignés de la culture", plaidant pour une réforme des contenus.

Il a fait un "bilan sur les chaînes publiques avec une volonté évidente de changer les choses", selon la députée LREM de l'Eure Claire O'Petit. "Un ton très ferme, oui, une volonté certaine, oui, mais 'la honte de la République', non", a-t-elle affirmé, jugeant que "certains députés veulent faire le buzz".

J.M. avec AFP