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Départ de celui qui a transformé le Louvre en entreprise rentable

Au cours de ses 4 mandats à la tête du Louvre, Henri Loyrette a contribué à doubler la fréquentation du musée.

Au cours de ses 4 mandats à la tête du Louvre, Henri Loyrette a contribué à doubler la fréquentation du musée. - -

Après 12 années passées à la tête du Louvre, Henri Loyrette ne briguera pas un mandat supplémentaire. Il a pourtant réussi à en faire un musée des plus rentables.

En avril 2013, le Louvre va changer de tête. Henri Loyrette, président directeur du musée, a annoncé ce lundi 17 décembre, qu’il ne comptait pas briguer un cinquième mandat. Dans un communiqué envoyé à l’AFP, le musée explique qu’ "Henri Loyrette souhaite à présent se consacrer à de nouvelles activités et laisser le Louvre ouvrir une nouvelle page de son histoire".

Avant de partir, le directeur présentera un bilan détaillé de ses douze années passées à la tête du plus grand musée du monde. Il devrait y évoquer la politique d’ouverture qui l’a mené à la création du Louvre Lens.

Il devrait aussi mettre en avant une fréquentation en augmentation constante ces dernières années. En 2011, un nouveau record a été atteint avec 8,9 millions de visiteurs, soit 6% de plus que l’année précédente.

Et l’année 2012 s’annonce placée sous de meilleurs augures: à la fin du mois de juin, la fréquentation totale s’élève à 4,76 millions de visites, soit une progression de 12% par rapport à l’année précédente. Le cap des 10 millions de visiteurs devrait être atteint à la fin de l’année.

Cette affluence est un signe positif pour le rayonnement culturel du musée, cela l’est aussi pour l’équilibre de ses finances. La billetterie représente la part la plus importante de ses recettes: en 2011, elle a rapporté 51,89 millions d’euros, soit 53% de ses ressources propres.

Les travaux de réaménagement de la Pyramide suspendus

Si l’on ajoute les 16 millions provenant de mécénat, les 14 millions de recettes issues de la location patrimoniale, et les quatre millions provenant des activités culturelles, le Louvre peut s’enorgueillir de s’autofinancer à hauteur de 45%, le reste (116 millions, voir le détail ci-contre) provenant de subventions.

C’est certes loin des 91% obtenus par Versailles ou des 72% du musée d’Orsay mais nettement mieux que les 29% du centres Georges Pompidou ou encore des 18,7 du musée du quai Branly.

Mais le Louvre n’est pas épargné par les restrictions budgétaires qui frappent la culture. Il a ainsi dû reporter les travaux de réaménagement de la Pyramide, qui lors de son inauguration en 1989 tablait sur une fréquentation moitié moindre que celle d’aujourd’hui.

Le projet, qui prévoyait de réorganiser la billetterie, créer des points d’accueil et d’orientation supplémentaires, renforcer les vestiaires et les sanitaires, nécessitait l’investissement de 70 millions sur les quatre années à venir. Ce sera donc au remplaçant d’Henri Loyrette de mener à bien ce projet.

Coralie Cathelinais