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Contrefaçon: eBay et LVMH trouvent un terrain d’entente

Louis Vuitton, première marque de luxe au monde, est aussi l'une des plus contrefaites.

Louis Vuitton, première marque de luxe au monde, est aussi l'une des plus contrefaites. - -

Après des années de bataille judiciaire, le numéro un mondial du luxe et le géant de la distribution sur internet signent un accord pour lutter ensemble contre la vente en ligne de produits contrefaits.

C’est la fin d’une bataille judiciaire et le début d’une coopération entre Ebay et LMVH. Les deux groupes déclarent dans un communiqué commun diffusé ce jeudi 17 juillet avoir mis en place des mesures de coopération visant "à protéger les droits de la propriété intellectuelle et à combattre la contrefaçon." Les deux vice-présidents précisent qu'ils veulent "assurer aux consommateurs un environnement plus sûr au niveau mondial".

Pour les marques de luxe, lutter contre la contrefaçon sur internet est devenu une priorité pour protéger leur image de marque et leurs bénéfices. Le Comité Colbert, qui réunit les grands noms français du secteur dont Vuitton, Chanel et Hermès, évalue le manque à gagner à environ 10 % du chiffre d’affaires.

LVMH multiplie les initiatives

L'enjeu financier est tel que Bernard Arnault, avec sa soixantaine de marques de luxe (Vuitton, Dior, Guerlain, Céline) a toujours été à l’offensive.

Après un accord avec Yahoo! au Japon 2009, puis Rakuten en 2010 , nouvelle initiative en octobre dernier. Il s'allie avec le site internet chinois Taobao du numéro un chinois du commerce en ligne Alibaba, concurrent d'eBay et d'Amazon. Une coopération jugée "inestimable" par LVMH, bien conscient que la plupart des produits contrefaits du luxe sont fabriqués en Chine.

En la matière, Ebay, lui, n’a jamais voulu signé la charte de la lutte contre la contrefaçon, contrairement à ses concurrents PriceMinister.com ou leboncoin.fr. La direction a préféré mettre en place un système de suivi des annonces, de traque des anomalies. Les marques sont également appellées à signaler les annonces suspectes.

La fin d'un feuilleton judiciaire

Cet accord entre eBay et LVMH met également un terme à un feuilleton judiciaire qui a débuté en 2008. LVMH avait attaqué l'américain pour avoir vendu sur son site des produits contrefaits griffés Louis Vuitton ou Dior Couture et des parfums Dior, Guerlain, Givenchy et Kenzo.

D'abord condamné à 38,5 millions d’euros de dommages et intérêts, le leader mondial des enchères en ligne a vu son amende réduite deux ans plus tard à 5,7 millions d'euros par la cour d'appel. La décision avait ensuite été partiellement annulée en mai 2012 par la cour de cassation. Le dossier devait être rejugé par la cour d’appel de Paris.

Charlyne Legris