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Comment rendre saines les finances de France Télévisions ?

Les finances de France Télévisions sont en déficit structurel

Les finances de France Télévisions sont en déficit structurel - -

Une semaine après la cacophonie gouvernementale sur le retour de la pub après 20 heures, les chaînes publiques présentent ce 28 août leurs grilles de rentrée. L’occasion de se pencher sur la situation financière délicate de leur maison-mère.

France Télévisions présente ce mardi 28 août sa grille de rentrée, ses nouveautés pour cette saison. Mais, cette année, les programmes risquent d'être éclipsés par les questions budgétaires. Car le débat sur le retour de la publicité après 20 heures a remis sous les projecteurs la situation financière intenable de France Télévisions.

L'exemple est symptomatique : France Télévisions a réalisé des audiences exceptionnelles pour les Jeux Olympiques de Londres, mais le groupe a été incapable de monétiser ce succès. L'événement a coûté près de 50 millions d'euros à la télévision publique.

Le déficit de France Télévisions est structurel : l'Etat doit mettre au pot 400 millions d'euros par an. Et la facture risque de s'alourdir, puisque l'an prochain la Commission européenne pourrait retoquer la taxe sur les opérateurs de téléphonie. Les 250 millions d'euros par an qu’elle rapporte sont censés compenser la suppression de la publicité le soir.

Des coûts de production resserrés

Reste que selon un rapport du Sénat, la taxe opérateurs ne permet pas à l’Etat de couvrir ses frais. Sur les années 2009 à 2012, le manque à gagner pour les finances publiques s’élève ainsi à près de 630 millions d'euros.

Alors comment redresser la barre ? Un rétablissement de la publicité le soir est écarté pour l'instant, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a indiqué que cette option n’était "pas d’actualité". Une hausse de la redevance est envisagée par certains, mais Bercy n'y est pas favorable.

Quoi qu’il en soit, France Télévisions va devoir se serrer la ceinture. L'Etat pourrait demander jusqu’à 150 millions d’euros d'économies à la télé publique. D'ailleurs, la cure d'austérité a déjà commencé : certaines émissions, comme "Tout le monde veut prendre sa place", devront cette année réduire d'un tiers leurs coûts de production.

Au niveau de l’organigramme, il pourrait aussi y avoir des changements. Le PDG de France Télévisions Rémy Pfimlin serait sur la sellette. Le gouvernement lui reproche en effet son peu d'empressement à réformer le groupe depuis son arrivée en juillet 2010. Il l’accuse également d'avoir consommé une partie de la trésorerie que l'équipe précédente avait laissée.

Simon Tenenbaum