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Comment le footgolf veut accélérer son développement

Le footgolf compte actuellement 3500 licenciés en France. En image, le champion de France 2017 Antonio Balestra.

Le footgolf compte actuellement 3500 licenciés en France. En image, le champion de France 2017 Antonio Balestra. - FootGolf France 2017

Mêlant les règles du golf et du football, cette nouvelle discipline séduit de plus en plus. Mais les obstacles sont nombreux sur la route de la professionnalisation.

Dans la douceur de ce mois de décembre, sportifs et curieux se pressent au golf Al Maaden de Marrakech. Ce nouveau complexe de 70 hectares a été choisi pour accueillir le round final de la Footgolf Cup 2017, point d’orgue d’une saison qui a vu cette nouvelle pratique se développer à une vitesse exponentielle.

Le principe est simple: atteindre le trou (évidemment adapté à la taille d’un ballon de football) en un minimum de coups, le tout exclusivement à l’aide de ses pieds. Un mélange entre deux des sports les plus populaires au monde, requérant une certaine adresse, de la puissance, et une faculté d’adaptation à son environnement (voir toutes les règles ici).

3500 licenciés en France

Né aux Pays-Bas en 2009, le footgolf débarque en France quatre ans plus tard, tandis qu’il se développe un peu partout sur le continent (l’Italie compte à l’heure actuelle le plus grand nombre de licenciés). Au départ, une poignée de passionnés vite rejoints par des curieux séduits par le concept. Aujourd’hui, l’Association française de footgolf (AFFG) compte environ 3500 licenciés.

Mais différents obstacles se dressent sur la route de la professionnalisation. Son statut l’empêche pour le moment de recevoir les subventions publiques dues aux fédérations, et les services du ministère des Sports ne semblent pas en avoir fait une priorité. L’association tire donc l’essentiel de ses revenus des licences (compter 20 euros par pratiquant), des inscriptions aux compétitions (de 40 à 50 euros), et du sponsoring.

Une alliance France-Maroc

L’an dernier, l’AFFG s’est donc tournée vers le Maroc pour organiser la finale du championnat de France à Marrakech. Outre le climat, bien plus clément en cette période, ce partenariat possède l’avantage d’être financé en partie par l’office du tourisme marocain, qui voit d’un bon oeil la mise en valeur de ses infrastructures et de son accueil.

Cette alliance s’est d’ailleurs révélée fructueuse, puisque le pays a récemment obtenu l’organisation de la coupe du monde de footgolf en 2018, alors que l’Italie était sur les rangs. Ce sera encore une fois à Marrakech, la logistique étant assurée par l’AFFG. Un succès qui permettra donc à la ville d’accueillir des joueurs du monde entier - 35 pays sont actuellement membres de la fédération internationale. Et à la France de conforter son statut de place forte de la discipline.

Renfort d'anciennes stars du foot

Mais aussi d’attirer des partenaires, certains ayant flairé le bon coup. Le géant français de l’énergie Engie, friand de footgolf dans le cadre de ses opérations de "team building", ou encore la chaîne de restaurants La Boucherie, ont ainsi parrainé la Footgolf Cup 2017. D’autres ont également vu dans l’événement la possibilité de faire d’une pierre deux coups, à l’instar de la société Ace Lines, spécialisée dans la conciergerie et qui tente de s’implanter au Maroc.

L’AFFG, d’un autre côté, assure la promotion de ses compétitions en faisant régulièrement venir des personnalités, souvent d’anciennes stars du ballon rond. David Bellion, Camel Meriem, Frédéric Dehu ou encore Youri Djorkaeff étaient ainsi présents lors de cette édition 2017.

Le champion du monde 1998, qui sera aussi l'ambassadeur du Mondial l'an prochain, a semblé séduit par la discipline, qui selon ses termes "rassemble un sport pratiqué par une élite avec un sport populaire". Car l’objectif du footgolf est bien là: rassembler des joueurs de tous horizons pour, un jour peut-être, devenir l’équivalent de ses deux sources d’inspiration.

Yann Duvert