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Comment la Mairie de Paris se sert d’Airbnb pour traquer les fraudeurs

Le quartier du Marais est très prisé par les touristes.

Le quartier du Marais est très prisé par les touristes. - Thomas Samson - AFP

Les services de la Ville ont lancé ce mercredi une opération destinée à contrôler 80 immeubles du quartier du Marais. L’objectif: sanctionner certains propriétaires qui louent leur logement à la nuit ou à la semaine à l'insu des autorités.

Le développement exponentiel des plateformes locatives, comme Airbnb ou Housetrip, n’inquiète pas seulement les hôteliers. La Mairie de Paris, elle aussi, voit d’un mauvais œil la multiplication des locations d'appartements à des touristes qui permettent à des particuliers de doper discrètement leurs revenus.

Car comme le rappelle le site de la Ville, les propriétaires désirant louer leur résidence principale ne sont pas dans l’obligation d’obtenir une autorisation préalable. Mais ce n’est pas le cas des résidences secondaires, dont la location est strictement réglementée. C’est à ce deuxième cas de figure que la mairie a décidé de s’attaquer.

Ce mercredi, une opération "coup de poing" a donc été menée dans le Marais, situé dans le IVème arrondissement de la capitale. Des contrôles inopinés ont ainsi eu lieu dans 80 immeubles de ce quartier très prisé des touristes, rapporte Le Figaro. Et pour repérer ses cibles, la vingtaine d’agents de la Ville mobilisée n’a pas eu à chercher très loin puisque, outre les signalements de voisins, une simple "visite" sur les plateformes de mise en relation comme Airbnb leur ont permis d'identifier les propriétaires ne respectant pas la règlementation.

500 régularisations en 2014

En 2014, seules 20 condamnations ont été prononcées, d’après Ian Brossat, adjoint au maire chargé du logement, cité par Le Figaro. Mais dans le même temps, près de 500 propriétaires auraient régularisé leur situation, "soit en changeant l’affectation de leur logement soit en retournant vers le marché locatif classique".

Les services d’Anne Hidalgo ont donc décidé de passer la vitesse supérieure "pour préserver les habitations destinées aux Parisiens en rappelant les règles d'usage", selon la mairie. Car le phénomène "provoque à la fois une diminution de l’offre locative privée traditionnelle et une hausse du coût des logements, tant à la location qu’à l’achat". Certains propriétaires de résidences secondaires devraient donc y réfléchir à deux fois avant de proposer leur logement sur Airbnb et consorts sans régler leur dû à la mairie de Paris.

Y.D.