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Ce que le stade Vélodrome va réellement coûter aux Marseillais

Le nouveau stade Vélodrome a été inauguré en septembre 2014.

Le nouveau stade Vélodrome a été inauguré en septembre 2014. - Boris Horvat - AFP

Selon le rapport annuel de la Cour des comptes, le coût réel de l'enceinte dépasserait les 500 millions d'euros pour la municipalité. Mais l'Olympique de Marseille peut changer la donne.

Il brille de mille feux, fait la fierté des supporters de l'OM, et des élus marseillais. Le stade Vélodrome nouvelle version, inauguré en septembre dernier, est une réussite, au moins du point de vue esthétique. Car côté finances, cela reste à prouver.

Pour rénover son stade en vue de l'Euro 2016, la Ville de Marseille a fait le choix du partenariat public-privé (PPP), un modèle très répandu en France mais sujet à polémique. 

Car confier la gestion de l'enceinte à un opérateur privé, en l'occurrence Arema, n'empêchera pas la municipalité de mettre la main à la poche. Et le contribuable marseillais de regarder attentivement ses prochaines feuilles d'impôts, le coût réel de l'opération ayant souvent fait l'objet d'interprétations contradictoires. Dans ce contexte, le rapport annuel de la Cour des comptes paru mercredi 11 janvier vient apporter son éclairage "officiel".

Un coût brut de plus d'un milliard d'euros

Concrètement, le budget initial dédié aux travaux, estimé d'abord à environ 160 millions d'euros puis actualisé en 2009, atteint 268 millions d'euros. L'Etat et les collectivités ont participé à hauteur de 90 millions, Arema 105 millions, tandis que les recettes issues du futur parc immobilier autour du stade sont évaluées à 30 millions. La Ville de Marseille, elle, a mis 43 millions d'euros sur la table.

Sauf que pendant 31 ans, la municipalité devra verser un loyer à Arema, qui s'est engagé de son côté à entretenir l'enceinte et à a maintenir aux normes jusqu'en 2045. En comptabilisant la mise de départ, la Cour des comptes évalue ainsi le coût brut à 1,051 milliard d'euros.

En retour, Arema, se trouve dans l'obligation de verser une somme définie à l'avance, que l'opérateur prélèvera sur ses recettes d'exploitations (notamment la billetterie lors des concerts, matchs de rugby, etc.). Le tout pour un montant de 500 millions d'euros. Le coût réel net pour la Ville de Marseille s'élève donc à 551 millions d'euros sur 31 ans, soit environ 18 millions par an.

L'OM entre en scène

Mais pour alléger la facture, la municipalité possède un atout de choix: l'Olympique de Marseille, club résident du stade Vélodrome. Celui-ci s'acquitte chaque année d'un loyer qui, cette année, a mené les deux parties au bras de fer. La ville entendait en effet le porter à 8 millions d'euros par an, contre... 50.000 euros (dans un stade, certes, en travaux).

Au terme d'une passe d'arme ayant vu l'OM menacer de s'exiler chez son voisin montpelliérain, un accord a finalement été trouvé: le club s'acquittera d'un loyer fixe de 4 millions d'euros par an, plus une part variable correspondant à 20% des recettes de billetterie, au-delà de 20 millions d'euros. Au total, donc, ce seront au minimum 120 millions d'euros qui viendront alimenter les comptes de la Ville, ce qui ramène le coût réel net à 13,9 millions d'euros par an.

"Sur trente ans, il y aura de bonnes années, durant lesquelles l'OM obtiendra des résultats. Ce qui pourra faire grimper le loyer autour de 7 millions d'euros", assure Roland Blum, chargé du Budget à la Mairie de Marseille, rappelant que, en ce qui concerne les années creuses, "les 4 millions sont garantis". Pour réduire leurs impôts locaux, les contribuables marseillais n'ont donc plus d'autre choix que de pousser leur équipe vers les sommets.

Yann Duvert