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Altice va investir 40 millions d'euros par an pour produire des séries et films

Altice se lance dans la production et la coproduction de films et séries

Altice se lance dans la production et la coproduction de films et séries - ERIC PIERMONT / AFP

La chaîne Altice Studio diffusera 400 films par an et deux séries exclusives par mois. Elle consacrera également 20 millions d'euros par an à la production dans le cinéma et les séries européennes.

Altice Studio, la chaîne dédiée aux séries et au cinéma que l'opérateur SFR vient de lancer, va investir 40 millions d'euros par an pour produire ses propres contenus, a déclaré ce mardi un responsable du groupe Altice. La chaîne, qui est visible depuis le 22 août par les clients de SFR, en option ou intégrée à certains forfaits, dispose d'un "budget conséquent" de 160 millions d'euros, a souligné lors d'une conférence de presse Alain Weill, le patron des activités médias d'Altice (maison mère de SFR, qui détient 49% de BFM Business).

La chaîne diffusera 400 films par an et deux séries exclusives par mois. Elle vient ainsi compléter l'offre de vidéo à la demande sur abonnement SFR Play, lancée l'an dernier et déjà riche de plus de 10.000 oeuvres dont 1.200 longs métrages. Altice Studio bénéficie notamment d'un accord d'exclusivité signé avec le groupe américain NBC Universal, lui donnant accès à un très large catalogue de productions hollywoodiennes (dont des franchises à grand succès comme Jason Bourne, Fast and Furious ou Moi, moche et méchant), complété par d'autres accords dont un récemment conclu avec Paramount.

20 millions d'euros par an dans le cinéma et les séries européennes

Mais le groupe veut aussi investir pour produire ou coproduire ses propres contenus, a affirmé Alain Weill, afin de différencier son offre et exécuter jusqu'au bout la stratégie de convergence entre télécoms et contenus prônée par le fondateur d'Altice, Patrick Drahi. "Nous allons produire chaque année pour environ 40 millions d'euros de séries et de films, dont environ 20 millions dans le cinéma et les séries européens", une somme qui "aura vocation à augmenter avec le développement de notre chaîne", a détaillé Alain Weill.

Le groupe a déjà posé des fondations dans ce domaine, en préfinançant "Place Publique", le prochain opus d'Agnès Jaoui et Jean-Michel Bacri, et en participant à des séries internationales de prestige (Riviera, Les Médicis...). Il vise à produire "au moins 3 films par an, plus des séries", a-t-il précisé. Bien qu'Altice Studio soit diffusée depuis le Luxembourg, Alain Weill a souligné que la chaîne respectait les quotas d'oeuvres hexagonales et européennes et les délais de diffusion des films imposés aux chaînes françaises.

Altice veut un assouplissement des règles

Mais il a de nouveau réclamé un assouplissement de ces règles, pour que les films puissent être diffusés en vidéo à la demande sur abonnement douze mois après leur sortie (soit le même délai qu'en télévision payante), contre 3 ans actuellement. Par ailleurs, le directeur général de SFR, Michel Paulin, présent pour ce lancement, a répondu aux critiques à propos de la politique commerciale de l'opérateur, accusé par certains consommateurs d'avoir augmenté plusieurs de ses forfaits de manière déguisée en introduisant une option payante (5 euros par mois) donnant accès à un bouquet de chaînes dont Altice Studio.

Une option activée par défaut et très compliquée à résilier, selon de nombreux témoignages de clients sur les réseaux sociaux. Michel Paulin a souligné qu'il s'agissait d'une pratique parfaitement légale, déjà employée l'an dernier par l'opérateur concurrent Free, et que cela représentait en outre une proposition "très attractive" commercialement. Quant aux difficultés de certains abonnés à résilier l'option, il a plaidé "des petits problèmes techniques" qui ont été depuis réglés, et assuré que désormais "tous les clients qui ne souhaitent pas cette option peuvent s'ils le souhaitent la résilier".

P.L avec AFP