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Accor Arena fait le dos rond, alors que la salle n'accueillera aucun spectacle en 6 mois

Sur BFM Business, Nicolas Dupeux, directeur général de la salle de spectacle parisienne, espère une réouverture le 1er septembre prochain. Mais les spectateurs seront-ils au rendez-vous?

Alors que les commerces français, les bars et les restaurants rouvrent progressivement après plus de deux mois de confinement, pour les grandes salles de spectacles, l'heure est encore à la fermeture. En effet, les rassemblements de plus de 5.000 personnes sont toujours interdits.

"Nous avons été les premiers à fermer, on sera dans les derniers à rouvrir", résume ainsi sur BFM Business Nicolas Dupeux, directeur général de l'Accor Arena (ex-Accor Hôtel Arena ou encore Palais omnisports de Paris Bercy) qui peut accueillir jusqu'à 20.000 spectateurs. 

Pour la salle parisienne, le constat est simple: elle subit 6 mois de perte totale d'activité, le lieu ayant été fermé le 1er mars pour une réouverture programmée au mieux le 1er septembre prochain.

Evidemment, le manque à gagner sera important. "On avait fait une formidable année du 1er septembre au 28 février, on était très en avance (...) les conséquences sont très très importantes chez nous, (...) ça se chiffre en plusieurs millions d'euros", précise le responsable. Rappelons qu'en 2019 la salle a réalisé 42 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Des reports plus que des annulations

Mais cela aura pu être pire. "C'est une quarantaine d'événements qui sont impactés aujourd'hui (...). L'atout qu'on a c'est qu'on a réussi à reporter l'ensemble de nos concerts sur les mois et les saisons à venir. Donc on n'a pas d'annulations de concerts, on a des reports", explique le responsable.

De quoi limiter les dégâts mais Nicolas Dupeux s'interroge sur la suite. La date du 1er septembre pour l'autorisation des rassemblements de plus de 5.000 personnes n'a pas été officiellement actée.

"Ce qu'on demande, c'est de la visibilité, on a besoin de savoir quand est-ce qu'on va pouvoir rouvrir" et le savoir tôt car l'organisation de concerts par exemple exige de la logistique et de l'anticipation. "On ne peut pas dire du jour au lendemain, demain matin, on est ouvert, c'est bon tout va bien. Donc il faut qu'on anticipe ça".

Redonner confiance aux spectateurs

Et ce n'est pas le seul point d'inquiétude. Les spectateurs seront-ils au rendez-vous lors de la réouverture? La peur d'être dans un endroit clos avec des milliers de personnes ne va-t-elle pas l'emporter sur l'envie de se divertir?

"Nous, le point essentiel, c'est la confiance, c'est comment on redonne confiance aux spectateurs pour qu'ils reviennent voir des concerts, elle est là la question cruciale. Aujourd'hui on travaille là-dessus, (...) on a besoin d'un discours de confiance" de la part des autorités.

En tout cas, si Accor Arena va mettre en place des "mesures sanitaires" pour rassurer, pas question d'appliquer de la distanciation physique en ne vendant par exemple qu'un siège sur deux. Ce n'est "économiquement pas viable", tranche Nicolas Dupeux.

Olivier Chicheportiche