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Catherine Berjal (CIAM): "la rémunération de Denis Kessler est un scandale"

Invitée de BFM Business, la cofondatrice et Présidente du fonds activiste CIAM explique pourquoi elle est déterminée à faire changer la gouvernance du réassureur Scor.

"Une entreprise ça appartient à ses actionnaires pas à son conseil d'administration". Le ton est donné par Catherine Berjal, invitée ce jeudi du Grand journal de l'Eco.

La co-fondatrice et présidente du fonds activiste Ciam intervient maintenant depuis plusieurs années pour changer la donne dans les conseils d'administration de grands groupes cotés comme Suez, Europcar ou Scor.

Et ce, après un constat simple: "nous sommes devenus un fonds activiste car les actionnaires sont la dernière roue du carrosse et donc on intervient", lance-t-elle.

Ciam qui gère "plusieurs centaines millions d'euros" à travers ses participations très minoritaires mais influentes cherche à "faire évoluer la gouvernance" lorsque les intérêts des actionnaires "sont spoliés". "Quand l'actionnaire est spolié, c'est à cause de la gouvernance", assène-t-elle.

"Depuis 10 ans, il sous performe tous ses comparables"

Son dernier cheval de bataille: Scor et son président Denis Kessler. "Il n'y a pas de combat personnel, on veut que le gouvernance s'améliore. La séparation des pouvoirs (président et directeur général, NDLR) a été un vrai fiasco", explique Catherine Berjal.

L'activiste dénonce les performances de Denis Kessler: "il se présente comme ça 'j'ai sauvé Scor' mais c'était il y a 19 ans! Depuis 10 ans, il sous performe tous ses comparables, le cours de l'action est au même niveau depuis 2015, c'est la rentabilité la moins bonne du secteur. Faut arrêter", lance la dirigeante.

Pour la prochaine assemblée générale de Scor le 30 juin, Ciam va présenter "des résolutions, on cherche d'abord à sanctionner ceux qui ont fait ce chaos dans la succession, ça été du grand n'importe quoi: les deux administrateurs qui sont au comité des nominations et des rémunérations qui sont en renouvellement et Denis Kessler qui est aussi responsable. Et nous votons contre les résolutions pour la rémunération de Denis Kessler".

Et d'enfoncer le clou: "c'est un scandale sa rémunération: 5,5 millions d'euros et l'action a perdu 30% l'an dernier". Suite du feuilleton, le 30 juin.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business