BFM Business

Baisser les salaires ? C'est "non" pour Alain Madelin

Dans l'émission "Les Experts", l'ancien ministre Alain Madelin, libéral assumé, se montre opposé à une baisse des salaires qui pourrait, paradoxalement, faire baisser la compétitivité française.

Faut-il baisser les salaires pour sauver les emplois? C'est la grande question qui agite actuellement l'économie française. L'accord de performance collective (APC) permet ainsi de négocier à la baisse les salaires pour éviter les licenciements. La compagnie aérienne Ryanair a déjà fait polémique en créant un véritable "chantage" à l'emploi, dénoncé par la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur le plateau de Good Morning Business.

Pourtant, les APC pourraient bien se multiplier dans les mois à venir, pour sauver des entreprises en difficulté. Si la méthode n'a pas forcément fait ses preuves par le passé, elle pourrait néanmoins offrir un sursis à certains groupes qui espèrent une reprise de leur activité. "Baisser les salaires pour dégager des marges de manœuvre ou pour payer des dettes? Dans certains cas, on peut regarder cette hypothèse" explique sur le plateau des Experts, l'ancien ministre Alain Madelin, président du fonds Latour Capital.

Freiner la montée en gamme

Mais sur le principe, ce fervent libéral a un avis bien précis sur la question. Faut-il baisser les salaires ? "Non" tranche-t-il net. "Je suis opposé (…) à la politique française qui consiste à subventionner les bas salaires et de fait à entretenir des entreprises dans une situation de bas salaire, ce qui a considérablement freiné leur montée en gamme et ce qui explique, pour une large part, la sous-compétitivité française" explique-t-il. En clair, un coût du travail bas pourrait-être contre-productif pour un pays développé qui pourrait proposer une meilleure valeur ajoutée.

Autre argument : "inéluctablement, on vous dira que si on demande aux salariés de faire un effort, il faut que l'on demande aux entreprises et au capital de faire un effort, et on augmentera de façon absurde la fiscalité du capital et des entreprises". Une idée catastrophique selon lui en ces temps de relance de l'activité. "Dans cette reconstruction nécessaire, nous avons plus que jamais besoin du capital" martèle Alain Madelin.

Thomas Leroy