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Zone euro: 25 banques échouent aux stress tests

La Banque centrale européenne a publié ses résultats sur les banques européennes

La Banque centrale européenne a publié ses résultats sur les banques européennes - Daniel Roland AFP

La Banque centrale européenne a publié dimanche 26 octobre les résultats de son évaluation des bilans de 130 banques européennes.

La BCE a dévoilé dimanche 26 octobre à midi le résultat d'un examen des bilans de 130 banques européennes.

Au final, 25 banques sur 123 ont échoué à ces tests de résistance, dont une banque française, la CRH (Caisse de refinancement de l'habitat). Cet organisme qui sert au refinancement sécurisé de crédits immobiliers résidentiels, a fait apparaître un déficit de fonds propres de 124 millions d'euros à fin 2013, qu'elle a comblé en juin par une augmentation de capital de 250 millions d'euros.

Satisfecit de la Banque de France

Les 12 autres banques françaises évaluées ont réussi leur examen. 

La Banque de France a souligné dans un communiqué: "les résultats des banques françaises confirment la qualité de leurs actifs et leur capacité de résistance à des chocs sévères. Dans le scénario le plus défavorable (adverse), les banques françaises ont passé avec succès le test et se comparent très favorablement avec leurs pairs européens"

Précisément, le ratio de fonds propres "dur" (fonds propres mis en réserve rapportés aux crédits consentis ou common equity tier one) consolidé de ces 13 banques atteignait 11,49% fin 2013. La réévaluation de leurs actifs a conduit à une correction très modérée, qui a fait passer ce ratio à 11,31%, soit un niveau très supérieur au minimum de 8% exigé par la BCE.

Le scénario adverse des tests de résistance, qui comportait notamment une augmentation du taux de chômage et une forte baisse de 30% des prix de l'immobilier, a un effet plus important sur ce ratio, qui passerait à 9% fin 2016 si les hypothèses retenues se matérialisaient. Mais, là encore, les banques françaises s'en sortent haut la main, puisque le minimum requis à cette échéance était situé à 5,5%. Par exemple, BNP Paribas afficherait un ratio de 8,07%, BPCE 7%, Crédit Agricole 8,83%, Crédit Mutuel 12,91% et Société Générale 8,15%.

Les 13 banques françaises testées représentent 95% des actifs du secteur.

Huit mauvais élèves

Parmi les 25 banques recalées, on recense 9 italiennes, 3 grecques, 3 chypriotes, une allemande et deux belges: Dexia et Axa Bank Europe (cf. ci-dessous). Au total, ces 25 mauvais élèves ont besoin de 25 milliards d'euros de capitaux, estime la BCE.

Mais en pratique, 12 mauvais élèves ont déjà reconstitués leurs fonds propres depuis fin 2013, en levant 15 milliards d'euros. Seuls huit banques sont donc réellement recalées, et vont donc devoir se recapitaliser. Il s'agit de la portugaise BCP; l'autrichienne Osterreichische Volkbanken; l'irlandaise TSB; la chypriote Hellenic Bank; et de quatre italiennes Monte Dei Paschi, Banca Carige, Banco Popolare di Vicenza et Banco Popolare di Milano. Ces huit banques ont désormais deux semaines pour présenter aux autorités bancaires européennes leurs mesures pour combler ces besoins, et auront entre six et neuf mois pour mener à bien ces plans.

En outre, un certain nombre de banques soumises à cet audit vont devoir réévaluer leurs actifs, à hauteur de 48 milliards d'euros au total, dont 37 milliards ne donnant lieu à aucun besoin de capital supplémentaire, a précisé dans un communiqué la Banque centrale européenne.

Par ailleurs, la BCE a identifié quelque 136 milliards d'euros d'actifs à risques, portant le montant total de ces actifs détenus par les banques de la zone euro à 879 milliards d'euros.

Supervision directe

Rappelons que la BCE prendra en charge le 4 novembre la supervision directe des 130 banques les plus importantes de la zone euro, étape cruciale de l'Union bancaire et de l'instauration d'un Mécanisme de supervision unique décidés par les pouvoirs publics européens après la déclenchement de la crise des dettes souveraines en 2011.

Avant d'assumer cette nouvelle responsabilité, la BCE a décidé de lancer en octobre 2013 une revue de la qualité des actifs (Asset quality review) ainsi que des tests de résistance (stress tests) afin de mesurer les risques des banques et leur capacité à résister à d'éventuels chocs économiques.

Les 25 banques ayant échoué

ITALIE, 9 banques
Monte dei Paschi di Siena, Banca Carige, Banca Popolare di Milano, Banca Popolare di Vicenza, Veneto Banca, Banco Popolare, Banca Popolare di Sondrio, Credito Valtellinese, Banca Popolare dell'Emilia Romagna

GRECE, 3 banques
National Bank of Greece, Eurobank, Piraeus Bank

CHYPRE, 3 banques
Hellenic Bank, Cooperative Central Bank, Bank of Cyprus

BELGIQUE, 2 banques
Dexia, AXA Bank Europe

SLOVENIE, 2 banques
Nova Ljubljanska Banka, Nova Kreditna Banka Maribor

PORTUGAL
Banco Comercial Português (BCP)

AUTRICHE
Österreichischer Volksbanken-Verbund (Volksbank)

IRLANDE
Permanent TSB

ALLEMAGNE
Münchener Hypothekenbank

FRANCE
Crédit de Refinancement de l'Habitat (CRH)

ESPAGNE
Liberbank

NB: en gras, les banques qui échoueraient aux tests encore aujourd'hui

J. H. avec AFP