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Warren Buffet s'est trouvé un successeur

Le milliardaire américain de 84 ans, que Forbes classe deuxième américain le plus riche derrière Bill Gates, a trouvé à qui il passerait la main. Et ce ne sera pas son fils.

Le milliardaire américain de 84 ans, que Forbes classe deuxième américain le plus riche derrière Bill Gates, a trouvé à qui il passerait la main. Et ce ne sera pas son fils. - Reuters

Le milliardaire américain a affirmé samedi, dans sa traditionnelle lettre annuelle aux actionnaires, que le conseil d'administration de sa société Berkshire Hathaway s'est mis d'accord sur le nom de son successeur.

Warren Buffett toujours bon pied bon oeil pour son cinquantenaire. L'investisseur américain, 84 ans, dont 50 passés à la tête de son conglomérat Berkshire Hathaway, et devenu le symbole d'une politique d'investissements sages et surtout extrêmement rentables, a publié samedi sa "lettre annuelle aux actionnaires". Dans ce document, toujours scruté par les marchés boursiers, il déclare avoir trouvé, en accord avec le conseil d'administration de la société, son successeur. Mais il n'en révèle pas son identité.

"Nous pensons aujourd'hui avoir la bonne personne pour me succéder en tant que directeur général", lit-on dans cette lettre annuelle adressée aux actionnaires, publiée samedi. Celui dont les investissements de bon père de famille ont fait la fortune, faisant de lui le deuxième homme le plus riche des Etats-Unis après Bill Gates, ajoute que cette personne prendra ce poste pendant au moins une décennie. Il estime que, à certains égards, son successeur "fera mieux" que lui.

Un dirigeant jeune

Le vice-président de Berkshire, Charlie Munger, 91 ans, a dit que Greg Abel, qui dirige la branche énergie du groupe, et Ajit Jain, à la tête des activités assurance depuis trente ans, étaient des candidats bien placés pour succéder à Warren Buffett.

Ce dernier a ajouté qu'il serait difficile à Berkshire Hathaway de réitérer au cours des 50 prochaines années la croissance enregistrée lors du demi-siècle écoulé. "Je suis d'avis que Berkshire fera mieux que l'entreprise américaine moyenne, mais notre avantage, s'il y en a un, ne sera pas spectaculaire", dit-il.

Ce n'est toutefois pas cette année que sera désigné son successeur, une décision que les marchés attendent depuis plusieurs années. Celui qui a servi de modèle à des milliers d'investisseurs dans le monde souligne seulement que celui-ci sera choisi parmi les "jeunes" dirigeants actuels de Berkshire.

Son fils président non exécutif

"Nos administrateurs pensent qu'un futur PDG doit-être relativement jeune car il, ou elle, pourra rester longtemps aux commandes". Ce ne sera en tout cas pas son fils, qu'il recommande pour un poste de président non exécutif. "Ma seule raison pour ce souhait est de permettre un changement plus facile si le mauvais PDG était retenu et qu'il fallait le virer", souligne-t-il sans détour.

Berkshire Hathaway est un conglomérat qui réunit toutes les activités du milliardaire, qui vont, comme il le souligne dans la lettre, "des sucettes aux avions". A nouveau, Warren Buffett peut se féliciter d'avoir vu le gain du cours des actions de Berkshire Hathaway dépasser en 2014 à Wall Street celui de l'indice S&P500, le plus suivi par les investisseurs: 27% pour Berkshire et 13,7% pour le S&P500. Sur 50 ans, il n'y a plus photo: Un dollar placé chez Berkshire en 1964 vaudrait aujourd'hui 1,826 million de dollars; le même dollar investi dans le S&P500 ne vaudrait "que" 11.196 dollars.

Pour ce qui est de la gestion, il indique qu'en 2014, Berkshire Hathaway a accru sa participation dans ses quatre investissements "piliers", a savoir Coca-Cola, American Express, IBM et la banque Wells Fargo. "Pour les quatre entreprises combinées, chaque augmentation d'un dixième de pourcentage de notre participation accroît la part de Berkshire dans leurs bénéfices de 50 millions de dollars", souligne avec fierté l'investisseur.

Hommage à Charlie Munger

Démontrant à nouveau la versatilité de ses investissements, Warren Buffett a acheté en février le fabricant allemand d'équipements et accessoires pour motos Detlev Louis Motorrad pour 400 millions d'euros. Il n'évoque pas dans sa lettre samedi cette entrée inattendue dans le monde du deux roues -- qui viennent s'ajouter aux trains et aux avions -- puisqu'elle est intervenue après la clôture de l'exercice 2014.

Celui que l'on surnomme "l'Oracle d'Omaha", la ville du Nebraska où il habite, se montre samedi à la hauteur de son humour légendaire. Il compare ses premiers achats d'actions de Berkshire, qui n'était à l'époque qu'un obscur fabricant de textile dans le nord-est des Etats-Unis dont les actions chutaient, au fait de ramasser "un vieux mégot sur lequel il ne reste qu'une bouffée. Même si le mégot est sale et mouillé, la bouffée est gratuite".

Celui qui a fait don de sa fortune à des associations caritatives rend aussi un hommage appuyé à son compère Charlie Munger: "il a fallu Charlie Munger pour me débarrasser de mes habitudes de fumeur de mégots et commencer à édifier une entreprise qui pouvait combiner une grande taille et des bénéfices satisfaisants", écrit-il notamment.

N.G. avec agences