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Vers une arrestation des cadres de HSBC?

Des cadres de HSBC, accusé par un juge belge de ne pas fournir les informations qu'il réclame, pourrait faire l'objet de mandats d'arrêt.

Des cadres de HSBC, accusé par un juge belge de ne pas fournir les informations qu'il réclame, pourrait faire l'objet de mandats d'arrêt. - Fabrice Coffrini - AFP

Ne parvenant pas à obtenir les informations qu'il réclame, le juge belge chargé de l'enquête sur la filiale suisse d'HSBC envisage de lancer un mandat d'arrêt contre la direction.

Les cadres de HSBC pourraient bientôt se retrouver sous les verrous. Le juge belge chargé de l'enquête sur la filiale suisse de banque privée de la banque britannique HSBC a déclaré ce lundi 9 février qu'il envisageait de lancer un mandat d'arrêt contre la direction de cette filiale en raison de son refus de coopérer. 

La justice belge a inculpé cette filiale suisse en novembre dernier pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, accusant l'établissement d'avoir aidé des courtiers en diamants et d'autres riches clients à dissimuler une partie de leur patrimoine et de leurs revenus pour échapper au fisc.

HSBC admet "des défaillances"

"La banque refuse de donner les informations demandées", a déclaré une porte-parole du parquet belge. "Le juge a dit qu'il était tellement difficile d'obtenir des informations qu'il envisageait de lancer des mandats internationaux contre les dirigeants en place en Belgique comme en Suisse."

HSBC a admis dimanche des "défaillances" de sa filiale suisse après des révélations de plusieurs journaux, dont Le Monde, sur un système d'évasion fiscale de grande ampleur mis en place dans les années 2000 au bénéfice de ses riches clients.

Selon Le Monde, qui a surnommé son enquête "SwissLeaks", HSBC Private Bank a accepté, voire encouragé, une "gigantesque fraude à l'échelle internationale" portant, pendant la seule période de novembre 2006 à mars 2007, sur la somme de "180,6 milliards d'euros qui auraient transité, à Genève, par les comptes de plus de 100.000 clients et de 20.000 sociétés offshore".

Le Monde, qui a mené l'enquête au sein de l'ICIJ, une association de journalistes mondiaux spécialisés dans l'enquête et l'investigation, s’est basée sur la fameuse liste Falciani, du nom de l’ancien informaticien d’HSBC Genève, qui avait fourni ces listes de clients aux autorités françaises.

Le quotidien explique que la grande majorité des clients étaient démarchés en France, puis incités par HSBC Private Bank à “mieux camoufler leur argent derrière le paravent de structures offshore” basées au Panama ou dans les îles Vierges britanniques. Le but était d’échapper à certaines taxes, notamment une taxe sur l’épargne instaurée en 2005 via une directive européenne appelée “ESD”.

N.G. avec AFP