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Trois banques françaises accusées de spéculer sur les matières premières

BNP Paribas n'a pas tenu ses engagements pris en 2013, selon l'ONG Oxfam.

BNP Paribas n'a pas tenu ses engagements pris en 2013, selon l'ONG Oxfam. - Philippe Huguen - AFP

Selon l'association Oxfam France, BNP Paribas, Société Générale et BPCE continueraient de spéculer sur le prix des matières premières agricoles, alors qu'elles s'étaient engagées à réduire ces activités.

Malgré un premier avertissement, des banques françaises continueraient de spéculer sur les prix des matières agricoles. C'est en tout cas ce que l'association Oxfam France lundi, rappelant l'engagement pris par certaines d'entre elles en 2013 de réduire ces activités.

Il y a deux ans, Oxfam avait dénoncé le fait que des banques françaises contrôlaient 18 fonds aux performances, totalement ou en partie, liées à l'évolution du prix des matières premières agricoles: étaient visées BNP Paribas (avec 10 fonds), Société Générale et Crédit Agricole via leur filiale commune Amundi (7 fonds) ainsi que Natixis. Au total, ces fonds géraient 2,58 milliards d'euros, selon l'association.

Crédit Agricole bon élève...

A la suite de cette étude, certains de ces établissements bancaires avaient pris "des engagements forts pour réduire ou stopper leurs activités spéculatives sur les matières premières agricoles. Dans le même temps, les parlementaires votaient dans le cadre de la réforme bancaire des mesures de régulation de ces activités toxiques", rappelle l'organisation.

Mais dans un nouveau rapport, l'ONG affirme que "trois groupes bancaires français proposent toujours à leurs clients des outils permettant de spéculer sur les prix des matières premières agricoles: BNP Paribas, Société Générale et BPCE via Natixis".

Oxfam tient à souligner que le Crédit Agricole "semble bien avoir respecté ses engagements et cessé toute activité spéculative sur les marchés agricoles, mais refuse toujours de prendre des engagements fermes dans la durée". Mais selon ses calculs, "le montant total des fonds gérés par les (trois autres) banques françaises et exposés aux matières premières agricoles s'élève aujourd'hui à au moins 3,561 milliards d'euros".

... et BNP Paribas bonnet d'âne

"La Société Générale a certes fait un important effort de transparence et a globalement tenu ses promesses (en termes de non-ouverture de nouveau fonds, ndlr) mais c'est aujourd'hui la banque française qui spécule le plus sur la faim" avec un montant total de fonds actifs estimé à 1,359 milliard, rapporte Clara Jamart, une responsable de l'association.

BNP Paribas totaliserait 11 fonds pour un montant de 1,318 milliard d'euros, et elle "n'a tout simplement pas respecté ses engagements", déclare Oxfam. Quant au groupe BPCE - dont le montant de son unique fonds s'élèverait à 884 millions - "il était le seul à n'avoir pas fait de promesses en 2013. Il est largement temps qu'il assume enfin ses responsabilités", juge l'ONG.

Oxfam dénonce le fait que ces "activités toxiques mettent en péril le droit à l'alimentation de centaines de millions de personnes" et que "la spéculation galopante aggrave la volatilité des prix alimentaires".

Côté gouvernement, l'ONG déplore aussi que les mesures législatives sur la transparence et la régulation des marchés dérivés de matières premières agricoles ne sont toujours pas mises en oeuvre, plus d'un an et demi après le vote de la réforme bancaire" à l'Assemblée nationale.

Y.D. avec AFP