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Quitter sa banque, un parcours du combattant?

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Un sondage de l’association UFC-Que choisir montre que 40% des clients voulant changer de banque ont eu des problèmes. Et un tiers ont finalement renoncé à changer d’établissement. « Les banquiers renâclent », dénonce l'association des usagers des banques.

D’après un sondage publié mercredi par l’UFC-Que Choisir, changer de banque serait un véritable parcours du combattant. L’association a interrogé plus de 2 500 personnes voulant quitter leur établissement : 40% des clients qui ont changé de banque ont rencontré des problèmes, comme des décalages dans les transferts des ordres de virements, ou encore l’encaissement des chèques sur l’ancien compte. Et près d’un tiers d’entre elles ont changé d’avis, invoquant une démarche trop longue et trop compliquée.

« Plusieurs rendez-vous annulés »

Pourquoi tant de difficultés ? Premier constat, les banques traînent souvent des pieds lorsqu’un de leurs clients veut rejoindre un concurrent : « Mon banquier a annulé plusieurs rendez-vous à la dernière minute et m’a demandé plusieurs fois si j’étais sûr de ma décision », raconte Kevin. Autre obstacle, certains prêts contractés auprès des banques : la plupart des contrats indiquent que le client s’engage à ne pas changer de banque jusqu’à l’échéance de son crédit.

Pour « la portabilité du numéro de compte bancaire »

Pour Maxime Chipoy, chargé de mission Banque à l'UFC-Que Choisir, une solution simple existe : « On souhaite que soit mise en place une portabilité du numéro de compte bancaire, c’est-à-dire qu’on puisse conserver son numéro de compte lorsqu’on change de banque. Cela évite au consommateur de changer toutes ses domiciliations bancaires (salaires, prélèvements, etc). C’est la même chose que dans la téléphonie mobile : on peut conserver son numéro de téléphone quelle que soit la compagnie dans laquelle on va. C’est beaucoup plus pratique pour le consommateur qui peut ainsi changer du jour au lendemain. »

« Obliger les banquiers à virer toutes les opérations... »

Porte-parole de l’association française des usagers des banques (AFUB), Serge Maître propose une solution plus sûre : « Il faudrait obliger le banquier qu’on vient de quitter à virer toutes les opérations qui arrivent chez lui vers le nouveau banquier. C’est une solution simple, aidée par l’informatique, elle protège mieux la confidentialité et le secret bancaire que la portabilité. Mais on n’en est pas là : les banquiers renâclent, c’est évident.»