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Pourquoi la Fed devrait maintenir son soutien à l'économie

La Réserve fédérale injecte chaque mois 85 milliards de dollars d'argent frais.

La Réserve fédérale injecte chaque mois 85 milliards de dollars d'argent frais. - -

La Réserve fédérale américaine va, ce mercredi 29 octobre, communiquer sa décision de politique monétaire à l'issue de sa réunion. Si elle devra à terme diminuer son soutien massif, tout indique qu'elle ne le fera pas dès maintenant.

C'est le grand rendez-vous des marchés, ce mercredi 29 octobre. La Réserve fédérale américaine (Fed) va achever sa réunion et communiquer sa décision de politique monétaire.

Depuis septembre 2012, elle injecte chaque mois 85 milliards de dollars d'argent frais dans l'économie via des rachats de dette souveraine et hypothécaire. Ces liquidités augmentent l'argent en circulation dans l'économie, permettant de diminuer les taux. Ce qui in fine apporte un important soutien à l'activité.

Ces opérations ont pour inconvénients de précipiter la hausse des prix des actifs. Si elles durent trop longtemps, un risque de bulle, et donc de krach, sur le marché de la dette pourrait survenir. Ainsi, en juin dernier, Ben Bernanke a évoqué le début de la diminution de ces rachats d'actifs, sans en dire plus sur le calendrier.

"L'incertitude" liée au shutdown

Le mois dernier, la Fed avait surpris les observateurs en optant pour le statu quo. La grande majorité des économistes tablait, en effet, sur une baisse des rachats à 75 milliards de dollars.

Cette fois-ci, le scénario inverse se produit: les analystes s'attendent à ce que la Fed maintienne inchangée son action. Les raisons sont nombreuses. Depuis la dernière réunion de l'institution américaine, les Etats-Unis ont traversé le "shutdown", ces deux semaines où de nombreuses administrations fédérales ont dû fermer, faute d'accord sur le Budget au Congrès. Cet épisode devrait coûter jusqu'à 0,6 point de PIB aux Etats-Unis au troisième trimestre, selon les estimations de S&P.

"L'incertitude générée par le récent shutdown du gouvernement signifie qu'il y a peu de chances pour que la Fed ralentisse ses rachats d'actifs", écrit Amna Asaf, économiste chez Capital Economics.

L'emploi insatisfaisant

De plus, l'emploi américain ne s'améliore pas comme le souhaite les membres du FOMC (Federal Open Market Comittee), l'état major de la Fed. Si le chômage a atteint son plus bas niveau depuis fin 2008, à 7,2%, les créations d'emplois restent faibles, avec 148.000 postes au mois de septembre. De plus, plusieurs membres de la Fed ont souligné que ces chiffres montrent que des chômeurs, découragés, abandonnent la recherche d'un emploi et sortent ainsi des statistiques.

La Fed ne devrait donc pas infléchir sa politique monétaire. Ainsi, les économistes de BNP Paribas comme ceux de Capital Economics pensent que la Réserve fédérale attendra le printemps 2014 avant de diminuer un peu son soutien à l'économie. A moins qu'elle ne choisisse, une nouvelle fois, de surprendre les marchés.

Julien Marion