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Pourquoi faut-il sauver Dexia ?

La France n'a pas d'autre choix que payer encore et encore pour recapitaliser Dexia

La France n'a pas d'autre choix que payer encore et encore pour recapitaliser Dexia - -

Le gouvernement français va encore apporter une rallonge de près de 3 milliards d’euros pour recapitaliser la banque franco-belge. En réalité, la France n'a pas le choix: elle ne peut pas laisser tomber Dexia…

L'Etat français doit à nouveau payer pour renflouer Dexia. La banque, qui vient de publier une perte de 1,2 milliard d'euros, a besoin d'une nouvelle recapitalisation de 5,5 milliards d'euros. Paris a convenu avec Bruxelles de prendre près de 46% des besoins de la banque franco-belge à sa charge. Ce qui représente une facture de 2,6 milliards d'euros pour la France.

L'Etat français n'a tout simplement pas le choix. En fait, Dexia a accumulé tellement de pertes sur les derniers trimestres, qu'elle n'a plus assez de fonds propres. Ainsi, les Etats français et belges, les deux principaux actionnaires, n'ont que deux options : soit recapitaliser la banque, soit la laisser mourir.

100 milliards d'euros de titres invendables

Mais cette deuxième option coûterait beaucoup plus cher aux deux pays. Car Dexia porte encore un portefeuille de titres de plus de 100 milliards d'euros. Des titres totalement invendables en ce moment, à moins d'être bradées. Les céder aujourd'hui, dans l'urgence, serait donc beaucoup plus lourd financièrement qu'une recapitalisation.

En bref, la question n'était pas de savoir s'il fallait ou non recapitaliser Dexia, mais comment répartir la charge entre les Etats français et belge. Le gouvernement outre-Quiévrain aurait voulu que la France prenne 50% de la facture à sa charge, ce dernier a réussi à contenir la facture à 46% de la somme totale.

Caroline Morisseau