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Pour son procès en appel, Jérôme Kerviel opte pour une stratégie offensive

Ce lundi 4 juin s'ouvre le procès en appel de Jérôme Kerviel, ex-trader de la Société Générale.(© Reuters)

Ce lundi 4 juin s'ouvre le procès en appel de Jérôme Kerviel, ex-trader de la Société Générale.(© Reuters) - -

L’ancien trader revient ce lundi 4 juin à la barre. Condamné en 2010 à cinq ans de prison, dont trois fermes, et à 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, il adopte aujourd’hui une stratégie plus offensive.

Le procès en appel de Jérome Kerviel, ex-trader à la Société Générale, est ouvert ce lundi matin, 4 juin, à Paris. Condamné en première instance à cinq ans de prison, dont trois fermes, et à 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, Jérôme Kerviel entend bien parvenir à démontrer que la banque était au courant de ses positions. Mais cette fois, de manière plus offensive.

Son ancien avocat, Olivier Metzner, a tenté de démontrer que la Société Générale "ne pouvait pas ne pas savoir". Son nouveau défenseur, choisi pour ce procès en appel, maître David Koubbi, a lui un discours plus agressif : il dit clairement qu’ils savaient. Maître Koubbi va même plus loin, puisque que pour lui, la banque a manipulé cette affaire depuis la découverte de la fraude.

Faire basculer la Société Générale vers le statut d’accusé

Sa stratégie consiste à tout remettre à plat. Pour lui, l'instruction a été menée à charge, grâce aux seuls éléments fournis par la Société Générale. Aucune autre expertise n’a été faite. Et c’est sur cette lacune que l’avocat base sa stratégie de défense. 

Pour défendre son client, David Koubbi va accuser la banque d'avoir elle-même passé des opérations fictives au moment du débouclement des opérations de Jérôme Kerviel. L'avocat va même aller plus loin : il va dénoncer le fait que la Société Générale était au courant d'opérations fictives bien avant la découverte de la fraude. Elle aurait été informée six mois avant !

Il va aussi lui reprocher de réclamer 4,9 milliards d'euros, soit le montant de la perte que la banque aurait subi, sans dire qu'elle a bénéficié d'une ristourne fiscale d'1,7 milliard d'euros. L’objectif du nouvel avocat est clair : pousser la Société Générale sur le banc des accusés pour disculper son client.

En finir au plus vite

La Société Générale a elle aussi fait connaître ses positions. Elle affirme avoir hâte d'en finir avec cette affaire. La banque souligne que c'est le dixieme avocat de Jérôme Kerviel, et que chacun d'entre eux a toujours repris les mêmes arguements. Sans succès puisqu'à chaque fois, ces arguments ont été démontés par les magistrats.

La banque estime s'être déjà justifiée sur tous les points mis en avant par la défense de Kerviel. Elle veut donc tourner la page une bonne fois pour toute avec cette affaire qui lui revient dessus comme un boomerang depuis 4 ans et demi.

Caroline Morisseau et BFMbusiness.com