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Oudéa: la Société Générale est "sereine" sur l'affaire Kerviel

Frédéric Oudéa a vanté le business model "équilibré" de sa banque

Frédéric Oudéa a vanté le business model "équilibré" de sa banque - BFM Business

Invité de BFM Business ce jeudi 3 novembre, le directeur général de la banque est revenu sur la déduction fiscale que son établissement avait obtenue à la suite des pertes provoquées par le trader. Il affirme attendre la décision de Bercy sur ce sujet dans la sérénité.

Société Générale était l'une des vedettes de la Bourse ce jeudi 3 novembre. La banque a publié ses résultats et le bénéfice net, bien qu'en baisse de 2,4% sur un an a été meilleur que les analystes l'attendaient.

Le titre a ainsi fini en hausse de 5,5%. Invité de BFM Business, le directeur général de la Banque Frédéric Oudéa a estimé que "ces performances sont bonnes commercialement et financièrement" et a vanté "un business model équilibré" qui "nous permet de nous adapter à un environnement incertain et complexe".

Une "affaire de jours"

Petite ombre au tableau, l'affaire Kerviel. La banque a bénéficié d'une déduction fiscale de 2,2 milliards d'euros de la part de l'État au titre d'un régime fiscal accordé aux entreprises déficitaires et victimes de fraude.

Mais Jérôme Kerviel a été condamné en appel en septembre à verser un million d'euros de dommages et intérêts à la Société générale, bien loin de la somme faramineuse de 4,9 milliards d'euros réclamée par son ancien employeur, et la justice a souligné à cette occasion des "manquements" dans les procédures de contrôle de la banque.

Du coup Bercy est en train de réexaminer si cette déduction doit être maintenue. Ce jeudi matin, le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert a affirmé qu'il s'agissait d'"une affaire de jours".

Interrogé sur ce dossier, Frédéric Oudéa a tenu à souligner "qu'il s'agit d'une déduction fiscale et non pas une ristourne". Il a rappelé que le droit en matière fiscale est "très développé pour protéger le contribuable face à une appréciation discrétionnaire de la part de l'administration".

Société Générale prête à aller devant les tribunaux

Le DG de Société Générale a rappelé que le Conseil d'État "s'est prononcé dans notre cas et sur des affaires similaires en 2011 et 2016".

"Au regard de ce droit et de cette jurisprudence nous considérons que la déduction est parfaitement légale. Il faut être conscient que ce droit s'applique à tous et que cela ne dépend pas de la tête du client. Nous sommes ainsi extrêmement sereins sur cette décision et attendons" la décision de Bercy.

Par ailleurs, il a tenu à souligner que "le fait qu'il y ait des limites et des carences dans les contrôles, en tant que tels, ne conduit pas à la remise en cause de la déduction fiscale".

Mais si Bercy venait à annuler cette déduction, Frédéric Oudéa prévient: "Comme n'importe quel contribuable nous irions devant les tribunaux".

J.M.