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Les Français se passent (plutôt) bien de leur banquier

24% des clients ne se rendent plus du tout dans une banque.

24% des clients ne se rendent plus du tout dans une banque. - Jacques Demarthon - AFP

Près de 1 client de banques sur 4 ne se rend plus du tout dans les agences et 32% estiment mieux gérer leur compte personnel que leur chargé de clientèle, selon une étude Deloitte publiée ce jeudi 17 septembre.

Avec la montée en puissance du numérique, les banques font face à une nouvelle donne. De plus en plus de clients gèrent leurs comptes directement via internet et/ou leur mobile, se rendant de moins en moins dans les agences.

L'étude Deloitte(*) publiée ce jeudi 17 septembre ne vient que confirmer un peu plus cette tendance, dont l'accélération est toutefois palpable. Comme le notent les auteurs de l'étude, "l'agence perd du terrain". Seulement 3% des personnes interrogées gèrent leur compte uniquement en se rendant dans les agences bancaires.

Surtout près d'un quart (24%) déclarent ne plus utiliser du tout les services de l'agence. Un chiffre qui, l'an passé, était bien plus faible (14%). Cette désaffection tient probablement au fait que les Français sont relativement nombreux à se considérer comme plus experts que leurs banquiers.

Tout du moins lorsqu'il s'agit de leur budget. Ils sont ainsi 32% à estimer qu'ils gèrent mieux leur compte personnel que leur chargé de clientèle.

S'appuyer sur une expertise solide

Quelles leçons tirer de ce chiffre? "La solution pour le banquier c'est de pouvoir exister sur d'autres prestations où là il y a une vraie valeur ajoutée. C'est-à-dire des opérations que le client ne peut pas faire tout seul, explique Daniel Pion, associé chez Deloitte. Il s'agit notamment de la préparation à la retraite, le montage financier d'un projet immobilier ou encore le choix de produits de placement. Trois types de conseil sur lesquels moins de 16% des Français estiment qu'ils font mieux que leur banquier.

"La tendance c'est de s'appuyer sur un conseil technique de qualité. Et au-delà, il faut permettre aux clients non plus d'accéder à un conseiller qui n'est pas techniquement omniscient mais plutôt d'accéder à un pool de conseils", ajoute Daniel Pion. Ce d'autant plus que les Français sont demandeurs d'une véritable expertise. 57% d'entre eux se disent en effet intéressés par une offre "des compétences techniques solides" de la part de leur conseiller, selon l'étude. 

(*) Etude réalisé par Harris en mai 2015 auprès de 3292 personnes interviewée en ligne par Harris Interactive.

Caroline Morisseau et Julien Marion