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Les banques ne connaissent plus la crise

La Société Générale affiche un bénéfice net 2010 six fois plus élevé qu'en 2009.

La Société Générale affiche un bénéfice net 2010 six fois plus élevé qu'en 2009. - -

Elle semble loin l'affaire Kerviel: la Société Générale vient d'annoncer un bénéfice net 2010 six fois plus important que celui de l'année précédente. Les autres banques françaises devraient, elles aussi, confirmer prochainement la tendance. Sur le dos des clients ? Probablement...

La Société Générale affiche une forme olympique. Elle a présenté hier mercredi des résultats annuels record pour 2010, avec un chiffre d'affaires en progression de 21% par rapport à 2009, et un bénéfice net de 3,9 milliards d'euros. Soit six fois plus que l'année précédente. Cela représente 500% de pogression.
Une tendance en forte hausse qui sera sans doute confirmée par les autres banques de l'Hexagone lorsqu'elles présenteront elles aussi leurs résultats dans quelques jours.

Comment expliquer de si belles couleurs ? Essentiellement grâce aux taux d'intérêt particulièrement bas l'année dernière. Sur toute l'année 2010, les banques ont emprunté auprès de la Banque centrale européenne (BCE) à un taux moyen de 1%. Autrement dit, pour un coût presque dérisoire.

Un bénéfice réalisé « sur le dos des clients » ?

Or, lorsqu'elles ont à leur tour prêté aux particuliers ou aux entreprises, les banques ont appliqué des taux d'interêt situés entre 3% et 4%. La différence s'appelle... le bénéfice, « réalisé sur le dos du client », estime le président de l'Association française des usagers des banques, Serge Maître.

Pire peut-être, la bonne santé des banques ne les a pas poussées à se montrer plus souple dans l'attribution des prêts. Selon Hervé Lambel, président de l'organisation patronale Le Cerf, « le petit client, le petit commerce ou la petite entreprise a un coût par dossier trop élevé en termes de rendement. Donc les banques préfèrent trouver des gros emprunteurs, ce qui leur permettra de très bien amortir leurs frais de dossier ».

Les banques ne prêtent pas plus qu'avant

Résultat, les établissements ne prêtent pas plus qu'avant, malgré la très nette amélioration de leurs finances. Ce qui n'est guère rassurant pour les clients, c'est que 2011 suivra sans doute la même tendance. Même si la BCE augmentait sensiblement ses taux, les banques accentueraient - voire conserveraient - leurs marges en répercutant la hausse... sur leurs clients...