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Les banques espagnoles vont payer cher leur renflouement

Bankia est la banque la plus touchée par le plan, avec 6000 suppression de postes

Bankia est la banque la plus touchée par le plan, avec 6000 suppression de postes - -

Bruxelles a validé, mercredi 28 novembre, le plan de restructuration des banques ibériques nationalisées. Ce qui va leur permettre d’obtenir 37 milliards d’euros. Mais le prix à payer est lourd pour l'emploi.

La pilule à avaler est amère. Mercredi 28 novembre, la Commission européenne a validé le plan de restructuration de quatre banques espagnoles, nationalisées depuis la crise. Ce feu vert de Bruxelles va permettre à ces établissements de bénéficier de 37 milliards d’euros d’aide, qui devraient être versés en décembre par le biais du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Cette aide doit remettre sur pied des banques profondément rongées par la crise de l’immobilier et les lourdes pertes qu’elles ont enregistrées sur leurs portefeuilles de crédits hypothécaires. "Notre objectif est de rétablir la viabilité des banques qui bénéficient actuellement d'une aide, de manière à ce qu'elles puissent se passer d'aides publiques à l'avenir", a ainsi expliqué le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia.

Seulement, qui dit restructuration, dit coûts sociaux. Et ceux-ci sont très élevés. Bankia, la quatrième banque du pays, va, par exemple, devoir tailler dans ses effectifs, à raison de 6 000 postes d’ici 2015, ce qui représente 28% de son personnel. La plus petite des quatre, Banco de Valencia, a, elle, été vendue pour un euro symbolique à la CaixaBank, premier établissement du pays par les actifs. Bruxelles a estimé que son activité n’était plus viable.

Les deux restantes, Novagalicia Banco et CatalunyaCaixa ne seront pas plus épargnées. La première a ainsi indiqué qu’elle licencierait jusqu’à 2 500 personnes. Plus globalement, les banques devront également avoir fermé la moitié de leur agence et encadré davantage la rémunération de leurs dirigeants.

L'Espagne déjà rongée par le chômage

Et la cure d’amaigrissement ne se limitera pas qu’à la masse salariale. Les établissements vont devoir réviser leur modèle, Bruxelles les contraignant à revenir aux fondamentaux. D’ici 2017, le bilan de chaque banque devra avoir diminué de 60% par rapport à son niveau de 2010.

La Commission veut que les établissements reviennent à la raison. "Elles devront recentrer leur activité sur la banque de détail et le crédit aux PME, dans leur localité historique", explique le communiqué de la Commission. Il leur est, en revanche, interdit de se risquer à nouveau aux métiers qui les ont mis dans le pétrin : l'immobilier et la banque de marché.

L’ensemble de ces annonces survient alors que l'Espagne a le taux de chômage le plus élevé en Europe : 25,8% en septembre. Et le secteur bancaire avait déjà été bien touché. En 2011, selon la Banque d'Espagne, le secteur employait 243 000 personnes, bien loin des 270 000 salariés de 2008. Le nombre d'agences bancaires est passé de 45 600 à 39 800.

Julien Marion et AFP