BFM Business

Les banques américaines mettent des milliards de dollars de côté en prévision des impayés

JPMorgan va investir et embaucher aux États-Unis

JPMorgan va investir et embaucher aux États-Unis - ROBYN BECK / AFP

Les grandes banques outre-Atlantique ont été contraintes d'enregistrer des provisions gigantesques pour impayés au premier trimestre. Car elles craignent le pire pour le reste de l'année.

A peine le printemps arrivé, l'heure est aux provisions. Les grandes banques américaines, qui publient cette semaine leurs résultats trimestriels, affichent des provisions records pour faire face à la récession qui s'annonce particulièrement violente et imprévisible.

Dernière en date, Goldman Sachs a ainsi vu son bénéfice net ressortir à 1,1 milliard de dollars au premier trimestre 2020 contre 2,2 milliards à la même période il y a un an. Les provisions pour impayés ont ainsi été multipliées par plus de quatre, à 937 millions de dollars. Goldman Sachs étant peu exposé aux crédits à la consommation et aux PME, les provisions sont faibles par rapport à ses compatriotes.

Bank of America a ainsi annoncé un plongeon de 48,4% sur un an à 3,5 milliards de dollars de son bénéfice net au premier trimestre. Là encore, l'établissement anticipe les impayés et a provisionné 4,8 milliards de dollars pour couvrir ces défauts de paiements. C'est 3,6 milliards de dollars de plus comparé à il y a un an.

Record pour JPMorgan Chase

Pas mieux pour Citigroup qui a annoncé une chute de 46,5% à 2,5 milliards de dollars de son bénéfice net. Cette fois, la provision est vertigineuse: 7 milliards de dollars pour parer aux éventuels impayés de ses clients. Le record en la matière revient néanmoins à JPMorgan Chase et sa provision de 8,3 milliards de dollars tandis que Wells Fargo a mis de côté 4 milliards de dollars.

Ces estimations représentent le haut de leur fourchette respective parce qu'une nouvelle règle comptable, CELC, oblige les banques américaines à prendre en compte le pire des scénarios dans l'évaluation des prêts à risque.

Car c'est bien le deuxième trimestre qui inquiète les banques alors que les indicateurs américains sont dans le rouge.

16 millions d'inscriptions au chômage

L'arrêt brutal de l'activité économique aux Etats-Unis mi-mars a été suivi de la fermeture de milliers de commerces et de PME, tandis que les grandes entreprises tournent au ralenti après avoir mis au chômage technique un grand nombre de leurs employés. Les usines sont à l'arrêt.

Les grandes entreprises, en quête de trésorerie, se sont précipitées pour avoir accès immédiatement aux lignes de crédit que leur avaient ouvert les banques pour éviter de faire faillite.

Quelque 16 millions d'Américains se sont inscrits au chômage en trois semaines entre fin mars et début avril. De nombreux ménages et PME ont du mal à payer leurs factures, leurs crédits à la consommation et à honorer leurs mensualités.

Thomas Leroy avec l'AFP