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Le patron de Barclays sera puni pour avoir traqué un lanceur d'alerte

Le directeur général de la banque britannique avait cherché à identifier un lanceur d'alerte au sein de son groupe. Le conseil d'administration lui a maintenu sa confiance mais a réduit significativement son bonus et décidé de renforcer les procédures de contrôle.

L'affaire tombe à un mauvais moment pour Barclays qui tente de redorer son blason depuis le scandale du Libor. Le directeur général de la banque britannique James Edward dit "Jes" Staley, a tenté à plusieurs reprises d'identifier, un lanceur d'alerte qui, dans une lettre anonyme envoyée en juin 2016, avait fait part d'inquiétudes au sujet d'un cadre de la banque et des conditions de son recrutement comme patron de la branche investment bank's financial institutions group. La personne ainsi dénoncée serait, selon la presse américaine, Tim Main, un ancien de JPMorgan, ex-collègue de Jes Staley et américain comme ce dernier.

Staley plaide la bonne foi

cette démarche était conforme au code de conduite de la banque, qui incite ses employés à signaler toute pratique qui leur semblerait inappropriée en garantissant leur anonymat. Le patron de Barclays, lui, se défend en plaidant la bonne foi: il ne savait pas que loi lui interdisait de retrouver un lanceur d'alerte, il voulait protéger Tim Main d'attaques malhonnêtes, affirme-t-il.

Le conseil d'administration, qui a découvert l'affaire au début de l'année, lui a maintenu sa confiance mais a réduit significativement son bonus et décidé de renforcer les procédures de contrôle. Le DG a accepté la sanction et s'est excusé auprès des administrateurs. Il devrait obtenir sans problème sa reconduction lors de l'assemblée générale en mai. 

La réaction se veut exemplaire car l'affaire est embarrassante. Barclays est en plein processus de simplification et de concentration sur ses activités de banque d'investissement à Londres et New York pour mettre un terme aux ambitions démesurées qui l'avait exposée à des scandales dans le passé. Notamment celui du Libor qui, en 2012, avait emporté le précédent patron Bob Diamond et pour lequel la banque a été contrainte de payer 290 millions de livres d'amende pour manipulation interbancaire. Dans la foulée, Jes Staley a été recruté pour fait le ménage, et a brandi l'éthique comme priorité pour rebâtir la réputation de la banque britannique.

Simon Tenenbaum, édité par N.G.