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Le livret A rapporte maintenant 4%

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Dès aujourd'hui, vendredi 1er août, le taux d’intérêt du livret A, produit d’épargne préféré des Français, passe à 4% net d'impôt et de cotisations sociales.

C'est aujourd'hui que la rémunération du livret A est passée à 4%. Un taux qu'il n'avait pas atteint depuis 12 ans. Il était fixé à 3,5 % depuis le 1er février dernier, mais l'inflation record (+ 4,1 % en juillet par rapport à juillet 2007 dans la zone euro) a obligé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, à revaloriser sa rémunération, comme elle l'avait annoncé le 16 juillet dernier sur RMC.

Un livret qui pourra d'ailleurs être proposé par toutes les banques à compter du 1er janvier 2009. Il n'était pour l'instant disponible qu'à la Banque Postale dans les Caisses d'Epargne, et son équivalent le livret Bleu uniquement au Crédit Mutuel. 52 millions de Français disposent aujourd'hui d'un livret A ou bleu.

Pourquoi un tel succès du livret A ?

Pourquoi le livret A est-il toujours un produit si attractif pour les Français ? Selon Christian de Boissieu, le président du Conseil d'Analyse Economique, « C'est un produit simple, pas sophistiqué. Le rendement n'est quand même pas inintéressant, 4%, net d'impôt, défiscalisé, dans un contexte financier extrêmement chahuté depuis un an avec la crise financière internationale, avec des bourses qui sont volatiles et ont pas mal baissé depuis quelques mois. D'une manière générale le Livret A attire. Et il attire encore plus quand il y a des crises financières, une forte instabilité financière, et c'est ce qui se passe en ce moment. »

De plus, même si les banques proposent de nombreux produits financiers plus rémunérateurs, les Français continuent à mettre leurs économies sur le livret A, comme l'explique Nicole Perez, vice-présidente de l'UFC Que Choisir : « C'est vrai qu'il y a une multiplicité de placements, mais beaucoup de clients des banques ont été échaudés par ces placements. Parce que la publicité faite sur ces placements a été quelque peu douteuse, on leur a promis des gains qu'ils n'ont pas vus venir. Donc les clients bancaires sont un peu échaudés par ces produits qui semblent attractifs mais ne le sont pas toujours, et ils préfèrent se tourner vers un livret A qui est très sûr ». Cette hausse est d'autant plus importante que le livret A est parfois le seul compte d'épargne pour ceux qui ont des revenus modestes : « Pour une partie de la population, qu'on estime à environ 500 000 personnes, le livret A est leur seul outil bancaire. C'est-à-dire que ces personnes se servent du livret A comme d'un porte-monnaie car elles n'ont pas accès à d'autres services bancaires. C'est dû au fait que les banques ont toujours la possibilité de refuser un client, ce qu'on appelle le refus de vente, parce que la banque estime qu'il ne va rien lui rapporter et que ce n'est pas un client intéressant ».

La rédaction et Yannick Olland