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La taxe sur les transactions financières "coûterait 7 milliards d'euros à Natixis"

Laurent Mignon a estimé que la taxe sur les transactions financières est absurde

Laurent Mignon a estimé que la taxe sur les transactions financières est absurde - -

Laurent Mignon, directeur général de Natixis était l'invité de BFM Business, ce vendredi 12 avril. Il est notamment revenu sur la taxe sur les transactions financières européenne, qu'il juge "absurde", et sur la transparence imposée aux banques pour lutter contre les paradis fiscaux.

Laurent Mignon n'y va pas par quatre chemins pour manifester sa colère face à la future taxe sur les transactions financières, qui doit être mise en place dans 11 pays de l'Union européenne, dont la France et l'Allemagne.

Invité de l'émission Good Morning Business, ce vendredi 12 avril, le directeur général de Natixis a ainsi décrit cette taxe comme "une idée absurde" qui "pourrait paraître une bonne idée", si elle était appliquée de façon globale, c'est à dire à toutes les banques du monde.

Mais, dans sa configuration actuelle, cette taxe "n'a pas de sens! Pour Natixis seul, si cette taxe se met en place telle qu'elle est envisagée, elle représenterait une charge de 7 milliards d'euros, alors que notre chiffre d'affaires est de 6 milliards.Autrement dit, cette taxe serait supérieure à notre chiffre d'affaires", a révélé Laurent Mignon.

Il a, au passage, rappelé que le Crédit Agricole avait, lui, fait état "d'un coût de 17 milliards d'euros".

"Une perte d'emploi" pour les pays qui appliquent cette taxe

Le directeur général de Natixis a ensuite évoqué les conséquences de cette taxe: "toutes les transactions vont se déplacer vers les pays où elle ne sera pas appliquée", comme les Etats-Unis.

Ce qui, selon lui, se traduira "par des pertes de recettes fiscales et d'emplois" pour les pays qui choisiront d'appliquer cette taxe. Il a cité l'exemple de la Suède : "il y a 20 ans, elle a appliqué une mesure similaire avant d'y renoncer au bout de deux ans".

"Une des principales activités qui sera touchée sera la gestion d'actifs, c'est à dire l'épargne des Français", a-t-il prédit, avant d'indiquer que Natixis devrait alors arrêter des activités qui ne seront plus rentables.

Natixis "n'a rien à cacher" concernant les paradis fiscaux

Laurent Mignon est également revenu sur un sujet d'actualité : la transparence bancaire concernant les paradis fiscaux. François Hollande a asuré, mercredi 10 avril, que les banques devraient déclarer la liste de leurs filiales dans tous les pays où elles exercent une activité, reprenant, en fait, une disposition de la réforme bancaire.

Le directeur général de Natixis, a assuré "n'avoir rien à cacher", expliquant "ne pas avoir besoin des paradis fiscaux pour ses clients". Toutefois, "je ne pense pas que les banques soient les acteurs d'une évasion fiscale organisée", a-t-il insisté.

De plus, "tout le problème est de savoir si on donne trop d'informations sur la performance des banques dans une zone. Si tous les établissements ne le font pas, il y a un avantage compétitif pour les banques qui ne sont pas soumises à cette obligation", a-t-il mis en garde.

Julien Marion