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La "disgrâce" de BNP Paribas vu des Etats-Unis

L'affaire BNP Paribas symbolise, selon le Wall Street Journal, la "disgrâce du navire amiral des banques françaises".

L'affaire BNP Paribas symbolise, selon le Wall Street Journal, la "disgrâce du navire amiral des banques françaises". - -

La presse américaine souligne, ce lundi 30 juin, les erreurs commises par la direction de la BNP Paribas. Le Wall Street Journal retrace ainsi le fil des positions de la banque, entre ambiguïté et incohérence.

En Une ce 30 juin, le Wall Street Journal titre "une gaffe à 9 milliards de dollars". Le quotidien détaille ensuite la succession des évènements autour de la mise à l'amende de BNP Paribas aux Etats-Unis pour avoir échangé en dollars avec des pays sous embargo américain. Un feuilleton que le journal qualifie de "disgrâce du navire amiral des banques françaises".

Une disgrâce d'autant plus étonnante que la banque est dirigée par "les plus beaux esprits du pays", et qu'elle avait réussi, contrairement à ses concurrentes, à "passer sans encombre les épreuves de la crise financière et de la crise des dettes souveraines", note le quotidien financier.

Une étonnante erreur de management

L'été dernier, les dirigeants de la banque auraient déclaré au régulateur américain qu'ils n'étaient pas au courant de ces transactions frauduleuses avant qu'une enquête soit ouverte.

Ils ont alors fait porter la responsabilité de cette affaire à un petit groupe d'employés basés en Suisse. Dès lors, l'exécutif de la banque se retrouvait dans une situation paradoxale: comment peut-on diriger une banque et ignorer ce qui s'y passe? demande le WSJ.

En outre, la banque avait demandé conseil en 2006 à plusieurs cabinets d'avocats, sur la légalité de ces transactions, et que la réponse avait été indiscutablement négative.

C'est cet ensemble de signaux et d'ambiguïté dans la réaction, qui conduit le journal à évoquer une "étonnante erreur de management".

Jean-Bernard Cadier correspondant à New York