BFM Business

La BCE prolonge son plan de soutien à l'économie

La BCE poursuit son "quantitative easing".

La BCE poursuit son "quantitative easing". - Daniel Roland - AFP

La Banque centrale européenne a annoncé ce jeudi 8 décembre qu'elle étendrait la durée de son programme de rachat d'actifs jusqu'en décembre 2017 voire au-delà si besoin. Elle va toutefois diminuer le montant de ses emplettes sur les marchés.

Comme prévu, la Banque centrale européenne a annoncé qu'elle prolongerait son programme de rachat de titres sur les marchés, un vaste plan de soutien à l'économie lancé en janvier 2015 pour redynamiser l'inflation et la croissance chancelantes de la zone euro.

La BCE indique ainsi que ce programme sera désormais effectué jusqu'à "au moins" décembre 2017, soit neuf mois de plus que la date d'échéance précédente. 

Un montant revu à la baisse

En revanche, la BCE a décidé de réduire quelque peu la voilure sur les montants des rachats. Actuellement à 80 milliards d'euros par mois, ce chiffre passera à 60 milliards à partir d'avril. 

Cette dernière information a pu surprendre négativement les marchés, car les analystes ne pensaient pas que la banque centrale commencerait à diminuer ses rachats de titres.

Sur Twitter, l'économiste de Pictet Wealth Management, Frederik Ducrozet, évoque ainsi une "mauvaise nouvelle". Thierry Sarles, responsable de taux chez CPR AM a lui affirmé sur BFM Business que cette décision marquait "clairement, sur la philosophie, un changement dans la politique monétaire de la BCE". 

Néanmoins la BCE se laisse la possibilité de rectifier le tir si besoin: "Si, entre temps, les perspectives deviennent moins favorables, ou que les conditions financières ne sont plus cohérentes" avec un retour à une inflation plus forte, la BCE pourra "changer la taille ou la durée du programme de rachat d'actifs", explique le communiqué. 

"Clairement la BCE reste en mode 'prudence'", déduit Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics.

Après avoir été refroidis dans un premier temps, les marchés se sont nettement ressaisis et la Bourse de Paris évoluait en hausse vers 15h.

-
- © -

"Le risque de déflation a pour l'essentiel disparu"

Lors de sa conférence de presse, le président de la BCE Mario Draghi a ajouté que ces mesures seraient accompagnées d'une reconfiguration du programme de rachat d'actifs. La principale de ces mesures, très techniques, est que la banque s'autorise désormais à acheter des actifs dont le taux est inférieur au taux de dépôt de la BCE, soit -0,40%.

Mario Draghi a ensuite justifié les mesures prises, en affirmant notamment que si "des incertitudes" subsistent, le "risque de déflation a pour l'essentiel disparu". L'économiste italien s'est notamment fondé sur les nouvelles prévisions économiques de la BCE annoncées ce jeudi (voir encadré).

Il a aussi dit, redit et insisté sur un point: la BCE ne prévoit pas d'arrêter son soutien à l'économie. "Nous n'avons pas discuté de cette possibilité", a-t-il d'ailleurs indiqué.

Interrogé sur l'élection de Donald Trump, il a expliqué qu'il était "toujours difficile d'évaluer les conséquences de ces grands événements (politiques)", citant aussi le Brexit. Mais il a dit avoir constaté "la résilience des marchés" face à ces événements. 

Les nouvelles prévisions économiques de la BCE

Croissance

2016: 1,7%

2017: 1,7% (1,6% auparavant)

2018: 1,6%

2019: 1,6%

Inflation

2016: 0,2%

2017: 1,3% (1,2% auparavant)

2018: 1,5%

2019: 1,7%

J.M.