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L'euro poussé vers ses plus hauts depuis octobre 2011

L'euro gagnait un peu de terrain face au dollar, ce vendredi après-midi.

L'euro gagnait un peu de terrain face au dollar, ce vendredi après-midi. - -

La monnaie unique a franchi, ce vendredi 7 mars, le seuil des 1,39 dollar, soit son plus haut cours depuis octobre 2011, avant de refluer fortement. L'inaction de la BCE mais aussi la faiblesse du billet vert soutiennent les cours de la monnaie unique.

L'euro continue son mouvement haussier. Ce vendredi 7 mars, la monnaie unique a, pendant quelques dizaines de minutes, dépassé le seuil symbolique des 1,39 dollar, ce qui ne lui était plus arrivé depuis octobre 2011.

Alors qu'il montait en flèche, l'euro a ensuite été plombé par un mouvement haussier sur le dollar, dû aux bons chiffres de l'emploi américain, publiés ce même vendredi à 14h30, heure française. Au mois de février, la première économie mondiale a créé 175.000 postes, soit beaucoup plus que le prévoyait le consensus (149.000).

La devise européenne était ainsi en légère hausse de 0,06% vers 15h15 à 1,386 dollar, peu après la publication de cette statistique.

La "déception de la BCE"

Le renforcement de la monnaie unique, ce vendredi, est pour beaucoup dû à l'inaction de la Banque centrale européenne (BCE) et au discours de son président, Mario Draghi. "Il y a une déception, certains acteurs s'attendaient à un petit geste [de la part de l'institution, ndlr]. Il n'en a rien été et le discours de Mario Draghi a été moins accommodant que prévu", relève Nordine Naam, stratégiste taux et change chez Natixis.

Certains cambistes pensaient notamment que la banque centrale pourraient prendre une mesure sur la liquidité, en suspendant la "stérilisation" des achats de dette publique opérés entre 2010 et 2012. Jeudi, Mario Draghi a indiqué que la BCE a discuté d'une telle mesure, mais a expliqué que d'une part elle n'était pas nécessaire et que d'autre part ses effets seraient de toute façon limités.

Faiblesse du billet vert

Dans une note parue jeudi, les économistes du Crédit Agricole CIB écrivent que "les anticipations des investisseurs quant à la politique monétaire de la BCE peuvent se stabiliser, permettant à la baisse de la monnaie d'être limitée". Ils estiment que la monnaie unique pourrait également faire face à des pressions haussières qui l'amènerait à se rapprocher des 1,40 dollar, voire plus.

Par ailleurs, la parité euro-dollar est aussi impactée par la faiblesse du billet vert "qui s'apprécie non seulement face à l'euro mais aussi face aux autres monnaies, et reste pénalisé par une série de mauvais indicateurs", rappelle Nordine Naam, même si les chiffres de l'emploi américain ont mis un peu à mal cette tendance, ce vendredi.

Julien Marion