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Journée décisive pour le procès Kerviel

Deux témoins clés sont attendus pour cette journée décisive du procès en appel de Jérôme Kerviel.

Deux témoins clés sont attendus pour cette journée décisive du procès en appel de Jérôme Kerviel. - -

C’est ce jeudi 14 juin que le procès en appel de l’ex-trader de la Société Générale devrait prendre une nouvelle tournure. Celui qui a débouclé les positions de Jérôme Kerviel se présente à la barre. Suivra le témoin clé de la défense, qui étaye la thèse du complot.  Cet article sera mis à jour au fil du déroulement du procès, tout au long de la journée.

Mise à jour à 17h10

Au fil de l'après-midi, le ton est peu à peu monté entre Philippe Houbé et la partie adverse. Les échanges ont été particulièrement animés avec Claire Dumas, la représentante de la banque. Cette dernière estime que les documents sur lesquels s’appuie Philippe Houbé pour accuser la Société Générale d’avoir créé des opérations fictives ne fournissent "qu’une vision parcellaire des opérations menées".

Pour expliquer ce qui a conduit Kerviel à miser des sommes de plus en plus énormes, le témoin estime qu'"il n’était plus tout à fait au contact des réalités".

La présidente a décidé de ne pas organiser de confrontation entre Philippe Houbé et Maxime Kahn, le trader auditionné dans la matinée.

L’audience a été levée peu après 16 heures. Le procès reprendra lundi matin 18 juin.

Mise à jour à 15h15

Après une interruption d’une heure, l’audience du procès en appel de Jérôme Kerviel a repris en début d’après-midi. C’est toujours Philippe Houbé, le témoin clé de la défense, qui est à la barre. Il subit le feu des questions des avocats de la Société Générale.

Il maintient que la banque n’a pas pu ignorer les énormes positions prises par Jérome Kerviel, soit-disant cachées "par des bidouilles d’amateurs", selon ses propres termes.

Il explique que chez Fimat, la filiale de la Société Générale où il travaille, tout le monde parlait du "gros" un surnom donné au trader qui prenait d’énormes positions.

Mise à jour à 14h00

C’est en fin de matinée que Philippe Houbé s’est présenté à la barre de la première chambre de la cour d’appel de Paris. Maître Koubbi a d’abord voulu faire le point sur les motivations de son témoin: "Je voulais résoudre un cas de conscience", a-t-il expliqué. Philippe Houbé est toujours en poste au sein d’une filiale de la Société Générale. Mais il estime que l’argumentaire présenté par la banque dans l’affaire Kerviel est une insulte à la profession, au bon sens et à la justice. Il ne veut pas que l’ex-trader serve de "victime expiatoire".

"Les représentants de la direction n'ont pas assumé leurs responsabilités", a-t-il déclaré à la barre. Ils ont, selon lui, "sali" l'entreprise et son personnel "pour garder leurs postes et les avantages qui vont avec". Pour lui, il ne fait aucun doute que la banque a suivi toutes les positions de Jérôme Kerviel.

Première publication à 11h45

Pour ce procès en appel, Jérôme Kerviel et son avocat David Koubbi promettaient des révélations fracassantes et inédites. Depuis dix jours que les audiences ont commencé, l’argumentaire présenté par la défense ne fait que répéter des faits déjà connus. La Société Générale n’ignorait en rien les agissements de son trader. Celui-ci aurait servi de fusible lors de l’éclatement de la crise des subprimes. Mais ce jeudi 14 juin pourrait changer les choses avec deux témoignages clés.

En premier lieu, le tribunal a écouté le témoignage de Maxime Kahn. Il a été chargé par la Société Générale de déboucler les positions prises par Jérôme Kerviel. En janvier 2008, pendant trois jours, il a ainsi effectué des opérations de trading pour un montant de 50 milliards. Selon lui, la thèse du complot est "délirante". Il botte en touche sur le fait que la banque ait pu profiter de cette opération pour passer un milliard de pertes qui n’avaient rien à voir avec les agissements de Jérome Kerviel.

Le témoignage qui va suivre est le plus attendu. Il s’agit de celui de Philippe Houbé, présenté par la défense. Employé dans une société de courtage filiale de la Société Générale, il est convaincu qu’il y a eu une machination contre Kerviel, comme il l’explique au journal Libération: "Selon moi, la banque connaissait l’ampleur des engagements de Kerviel dès l’année 2007." Il ne fait aucun doute pour lui que la banque a alourdi les pertes imputées à son trader afin de couvrir celles enregistrées par la crise des subprimes.

D’autres rebondissements pourraient intervenir. Avant d’entrer dans la salle d’audience, maître Koubbi a affirmé: "Nous n’avons pas qu’un seul témoin. C’est une partie qui est longue, et il y a plusieurs rounds. Aujourd’hui, il ne s’agit que d’un round intermédiaire."

Coralie Cathelinais (avec AFP)