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Frédéric Oudéa: "Il faut en finir avec la régulation financière"

Frédéric Oudéa, PDG de Société générale, était invité d'Hedwige Chevrillon dans le Grand Journal ce 30 mai.

Frédéric Oudéa, PDG de Société générale, était invité d'Hedwige Chevrillon dans le Grand Journal ce 30 mai. - -

Le patron de Société générale était sur le plateau de BFM Business jeudi 30 mai. Il a dénoncé la gravité des conséquences de la taxe sur les transactions financières et appelle l'Europe à attirer les capitaux.

Le nombre de chômeurs a encore augmenté en avril. Et "le chômage va continuer à augmenter si la croissance reste à 0,1 - 0,2%". Pour Frédéric Oudéa, invité sur BFM Business ce jeudi 30 mai, "il n'y a pas de miracle à attendre".

En revanche, il y a des efforts à faire pour redresser la barre. Il faut, selon lui, réduire la dépense publique, arrêter d'augmenter les impôts, réformer les retraites. Mais surtout, il faut "redonner goût à l'Europe en harmonisant nos marchés de capitaux", souligne le successeur de Daniel Bouton.

Que le NYSE Euronext et ICE fusionnent, il n'est ni pour ni contre. "L'essentiel", de l'avis de Frédéric Oudéa, c'est d'en "terminer avec la période de régulation financière qu'on a connu après la crise". Autrement dit, qu'on revienne sur la taxe sur les transactions financières.

Les bourses sont des entreprises comme les autres

"Un impôt profondément destructeur", considère le patron de SocGen, pas seulement pour les banques, mais aussi pour les entreprises. "Elle tue l'activité, elle détruit la liquidité et la possibilité pour les entreprises de se tourner vers les marchés pour lever des capitaux", martèle-t-il. "Ce qui n'est absolument pas compensé par les revenus de cette taxe". Pour lui, "elle a été très mal conçue, et il faut la revoir".

S'ajoute à cela Bâle III et Solvabilité II, les normes de liquidité imposées aux banques. "Est-ce que ce cocktail de règlementation marche?" demande Frédéric Oudéa. "Je ne crois pas que l'on se soit posé la question".

Une initiative européenne trouve néanmoins grâce à ses yeux: l'Union bancaire, qui "est en train d'éviter une balkanisation de la zone euro". Mais il faut aller plus loin et "construire des marchés de capitaux communs qui permettent de drainer l'épargne européenne". "Les bourses sont des entreprises comme les autres, il faut leur dégager l'horizon pour qu'elles sachent sur quels secteurs elles vont investir".

N.G. et BFM Business