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François Villeroy de Galhau: "Sans l'euro, la dette coûterait 30 milliards d'euros de plus par an"

François Villeroy de Galhau était l'invité de BFM Business ce mercredi 8 février

François Villeroy de Galhau était l'invité de BFM Business ce mercredi 8 février - BFM Business

Le gouverneur de la Banque de France était l'invité de BFM Business ce mercredi. François Villeroy de Galhau est revenu sur les 25 ans du traité de Maastricht à l'origine de l'euro, ainsi que sur la volonté de Donald Trump de remettre en cause la régulation financière.

Le traité de Maastricht, qui a posé l'acte fondateur de la monnaie unique, célébrait mardi ses 25 ans. Une histoire jeune et parfois tumultueuse, l'euro continuant à faire l'objet de critiques. Marine Le Pen, la candidate du Front national à l'élection présidentielle, met ainsi toujours en avant le retour à une monnaie nationale dans son programme.

Invité de BFM Business ce mercredi 8 février, le gouverneur de la Banque de France a défendu la monnaie unique. "L'euro est un socle de stabilité qui garantit aux Français une inflation de moins de 2%. Avant l'euro, la France avait une inflation à deux chiffres" relève François Villeroy de Galhau.

30 milliards d'euros économisés chaque année

La monnaie unique a aussi fait baisser les taux d'intérêts, de 1,5% environ, estime le banquier central. "Cela veut dire une chose très concrète: si l'a France n'était pas dans l'euro, le coût de la dette publique serait nettement plus cher; d'au moins 30 milliards d'euros par an de charges d'intérêts supplémentaire" souligne François Villeroy de Galhau. ce dernier concède néanmoins que si l'Europe a "réussi l'union monétaire" elle a été "peu efficace sur l'union économique".

Invité à réagir sur les propos du conseiller au commerce de Donald Trump, Peter Navarro, qui a accusé l'Allemagne d'utiliser un euro "largement sous-évalué", François Villeroy de Galhau a préféré citer son collègue, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank (banque centrale allemande), qui a jugé que ces déclarations étaient "plus qu'absurdes".

François Villeroy a préféré considérer, dans des termes feutrés, qu'il existe "peut-être une courbe d'apprentissage de la nouvelle administration américaine".

Mise en garde sur la dérégulation

Enfin, François Villeroy de Galhau est revenu sur la signature vendredi par Donald Trump d'un "executive order" permettant de débuter la dérégulation financière à Wall Street. Rappelant que ce texte n'a pas réellement de base juridique, le gouverneur de Banque de France a adressé la mise en garde suivante à la Maison blanche: "La régulation financière internationale c'est un vrai acquis pour assurer un bon fonctionnement de l'économie et diminuer la probabilité d'une prochaine crise", a-t-il affirmé. "S'il y a avait une tentation américaine de 'déréguler 'et de dire je reviens à une situation d'avant 2007, Mario Draghi l'a dit et je le dis aujourd'hui, ce serait une situation dangereuse et c'est une situation évidemment pas souhaitable", a-t-il conclu.

J.M.