BFM Business

Faut-il nationaliser les banques pour les protéger ?

Le cours de l'action Société Générale a dégringolé de 51% depuis le 1er janvier.

Le cours de l'action Société Générale a dégringolé de 51% depuis le 1er janvier. - -

Trois banques françaises pourraient subir une dégradation de leur note par Moody's. La plupart sont fortement impliquées en Grèce, certaines ont dégringolé en bourse ces dernières semaines... Pour les protéger, faudrait-il les nationaliser ?

BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale tremblent. Les trois établissements sont sous la menace d'une dégradation de leur note, d'ici quelques jours, par l'agence Moody's. Il faut dire que depuis quelques semaines, la plupart des banques françaises sont dans la tourmente.
Depuis le début de l'été, leurs valeurs sont pilonnées sur les marchés financiers. La Société Générale en tête, dont l'action a perdu 51% depuis le 1er janvier. Elles détiennent, pour beaucoup, un grand nombre d'emprunts d'Etat en Grèce, dont la possible faillite les mettrait en grande difficulté.

« Cela leur éviterait de se faire racheter par des groupes étrangers »

Pour tenter de les protéger, l'économiste Dominique Plihon propose de les nationaliser. « Cela éviterait déjà que les banques en difficulté puissent être la proie d'autres groupes bancaires étrangers qui les rachètent », explique-t-il sur RMC. « Deuxième avantage, cela donnerait la possibilité à l'Etat-actionnaire de participer à la gestion de ces banques en défendant avant tout l'intérêt public. Et puis cette recapitalisation publique permettrait de consolider financièrement ces banques et d'assurer leur pérennité ».

« Ça ne sert à rien ! »

Mais certains assimilent l'idée à un pur gadget. « Ça ne sert à rien ! », estime François Mallet (Kepler Capital Markets, courtier en actions et obligations). « Les Etats ne sont pas la solution. La Grèce seule, par exemple, ne remet en cause l'équilibre financier d'aucune des banques, même si elles détiennent des parts importantes de sa dette. Aujourd'hui, pensez-vous réellement que les Etats vont mieux gérer les affaires des banques qu'elles-mêmes ? Sincèrement je ne crois pas ».

La Rédaction et A. Perrin