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Face au "bank bashing", le ras-le-bol des salariés du secteur

Les banquiers ont été à plusieurs reprises pointés du doigt lors de la campagne présidentielle.

C'est sur fond de bank bashing que le coup d'envoi des résultats dans le secteur a été donné, BNP Paribas ayant ouvert le bal. Les banques sont en effet au coeur de toutes les attaques dans la campagne présidentielle. Et ce sont les salariés des agences qui se retrouvent une nouvelle fois en première ligne.

Ces derniers s'attendent avec un certain fatalisme à faire face à un nouveau pic d'incivilités. "On s'est malheureusement habitué au bank bashing depuis le crise de 2008 et on sait donc par expérience quels sont les effets dévastateurs de certains propos", déclare un responsable syndical. Régis Dos Santos, responsable du SNB (Syndicat national de la banque et du crédit) confirme: "On sait que lorsqu'un candidat s'attaque à la finance, avec ou sans visage, alors cela fait partie de la campagne et cela n'a que peu d'incidences en agence".

L’insulte se banalise

"Lorsque les attaques visent l'ensemble des salariés alors là en revanche, cela provoque des effets en cascade dans les réseaux", ajoute-t-il. C'est toujours le même scénario. "Dans les jours qui suivent, au moindre problème, au moindre accrochage, on vous met dans les dents que vous êtes un menteur et que certains politiques ont bien raison. Certains propos politiques légitiment la violence qu'on peut avoir à l'égard des conseillers" explique-t-il.

Il faudra attendre juin comme chaque année pour connaître le nombre d'incivilités. Mais les syndicats n'ont aucun doute: elles seront en hausse. "Et si les chiffres sont stables depuis deux ans, c'est seulement parce que les conseillers se sont malheureusement habitués à se faire insulter et qu'ils ne prennent même plus la peine de le déclarer" explique Sébastien Busiris, responsable de la fédération FO Banques.

Caroline Morisseau