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Evasion fiscale: un ex-employé d'UBS dénonce les pratiques de la banque

UBS France assure que toutes ses pratiques sont parfaitement légales

UBS France assure que toutes ses pratiques sont parfaitement légales - -

Témoignant dans Le Parisien de ce samedi 30 mars, Nicolas Forissier explique qu'entre 2001 et 2009, UBS France aurait pratiqué "un système encourageant l'évasion fiscale massive". L'établissement, lui, se défend d'avoir eu recours à de tels agissements.

Nicolas Forissier, ancien cadre d'UBS France, est formel: la banque a favorisé l'exil fiscal de plusieurs clients fortunés entre 2001 et 2009. Dans un entretien au Parisien de ce samedi 30 mars, il affirme ainsi avoir découvert en 2007 "un système encourageant une évasion fiscale massive", en s'intéressant "au département Sport Group d'UBS France ainsi qu'à ses agences de province''.

Selon ce témoignage, les agents d'UBS auraient participé à des évènements destinés à démarcher des clients fortunés, candidats potentiels à l'évasion fiscale.

Nicolas Forissier précise que la banque aurait tenu une comptabilité occulte dans des cahiers appelés "carnets du laits", qui devaient permettre de dissimuler les mouvements transfrontaliers de la France vers la Suisse, survenant ensuite. Ces listes étaient détruites après certaines vérifications.

A la question "Pensez-vous que ces pratiques perdurent aujourd'hui?", Nicolas Forissier répond qu' "il est possible que les démarchages illicites se poursuivent". Il doute, en revanche, que les pratiques concernant l'évasion fiscale continuent, "la pression s'étant accrue". En 2009, UBS avait dû verser 780 millions de dollars à la justice américaine, dans le cadre d'une gigantesque affaire d'évasion fiscale.

Les prud'hommes avaient donné raison à l'employé

Licencié en 2010 suite à cette découverte, Nicolas Forissier avait saisi les prud'hommes de Paris, qui lui avait donné raison, reconnaissant implicitement qu'UBS France se livrerait en France à de l'évasion fiscale, rapportait ainsi l'Agefi en juillet dernier.

UBS France a fait appel de ce jugement. Au Parisien, l'actuel président de la filiale française du groupe bancaire suisse, Jean-Frédéric de Leusse, rappelle que "jusqu'à présent la banque n'est pas mise en examen'' et assure que 'UBS France ne fait que des choses parfaitement légales". Concernant les carnets du laits, il explique que "ce pointage interne a été utilisé il y a sept ou huit ans(…)afin de retracer des apports d'affaires entre agences françaises ou avec des filiales étrangères qui n'ont rien d'illégal".

Par ailleurs, alors que le nom d'UBS est cité sur l'enquête sur le présumé compte en Suisse de Jérôme Cahuzac, Nicolas Forissier dit ne pas avoir "eu connaissance de ce dossier ni accès aux comptes suisses".

J.M.