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Deutsche Bank écope d’une nouvelle amende

Deutsche Bank règle peu à peu ses différents litiges.

Deutsche Bank règle peu à peu ses différents litiges. - Daniel Roland - AFP

La banque allemande devra payer 630 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques, cette fois pour blanchiment d’argent.

Deutsche Bank a écopé lundi d'une amende de près de 630 millions de dollars dans le cadre d'une enquête des autorités américaine et britannique pour blanchiment d'argent en provenance de Russie.

Cet accord, annoncé par le régulateur des services financiers de New York (DFS), clôt une enquête lancée à l'été 2015 après une tentative de corruption d'un trader de la banque allemande à Moscou par des clients russes qui essayaient de dissimuler l'origine de leurs fonds. Les clients en question voulaient que le trader effectue des opérations de courtage avec un de leurs comptes qui avait été suspendu par Deutsche Bank dans le cadre d'une enquête interne concernant son unité de courtage moscovite.

La banque allemande n'en a pas pour autant fini avec cette affaire car le ministère américain de la justice et la banque centrale (Fed) poursuivent leur propre enquête.

Une "évasion légale"

Dans le détail, l'accord annoncé lundi prévoit le versement de 425 millions de dollars au DFS et d'une somme d'environ 204,46 millions de dollars (163 millions de livre britannique) auprès du régulateur britannique FCA.

Les deux régulateurs, dont les enquêteurs ont travaillé ensemble, s'intéressaient tout particulièrement à l'activité de "trading miroir" (mirror trades), avaient indiqué à l'AFP en juillet 2015 des sources proches du dossier. Le DFS affirme lundi que des clients russes ont utilisé ce mécanisme de courtage spécifique pour sortir illégalement 10 milliards de dollars de Russie grâce à Deutsche Bank.

Concrètement, ces clients ont investi en roubles dans des actifs auprès de la banque à Moscou. Au même moment, le bureau de Deutsche Bank à Londres réalisait des investissements identiques en monnaies internationales pour le compte des mêmes clients représentés par des entités enregistrées dans des paradis fiscaux. Cette pratique a ainsi permis une évasion "légale" des capitaux de Russie.

Y.D. avec AFP