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Désormais quinquagénaire, le distributeur de billets forcé d'évoluer

Les nouveaux services plébiscités par les usagers doivent avoir une fonction bancaire avant tout, avec une ouverture possible sur des services extra-bancaires, selon l'étude Opinion Way.

Les nouveaux services plébiscités par les usagers doivent avoir une fonction bancaire avant tout, avec une ouverture possible sur des services extra-bancaires, selon l'étude Opinion Way. - Loïc Venance-AFP

Menacés par la dématérialisation des paiements, les distributeurs de billets, qui fêtent aujourd'hui leur demi-siècle, pourraient s'ouvrir à de nouveaux services dans le domaine bancaire, mais pas seulement.

Voici pile 50 ans, le 27 juin 1967, que le premier automate bancaire a vu le jour outre-Manche à la banque Barclays. Depuis cette date, ces machines ont pignon sur rue dans les banques du monde entier et offrent aux passants de quoi remplir leur portefeuille à toute heure du jour et de la nuit. Mais leur avenir est clairement menacé. Confronté à l’utilisation massive des cartes bancaires et à la montée en puissance attendue des moyens de paiement mobile, le distributeur automatique est de moins en moins utilisé. 

Près de trois Français sur dix déclarent avoir réduit la fréquence de leurs retraits ces cinq dernières années. Selon une étude réalisée en mars 2017 par OpinionWay auprès de 1026 personnes pour le compte d’Auriga, éditeur italien de logiciels bancaires, cette désaffection est liée, dans 78% des cas, à des paiements par carte plus fréquents.

Pourtant, 90% des Français s'estiment globalement satisfaits des distributeurs automatiques même si 35% estiment que leur utilisation reste une expérience peu sûre ou risquée et 27% la jugent "vieillotte".

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Les opérations les plus courantes effectuées sont le retrait de billets (92%), le dépôt de chèques (45%) et la consultation du compte bancaire (39%).

L'appétence des utilisateurs d'automates pour de nouveaux services est à relativiser. Spontanément, seuls 23% des individus aimeraient à l'avenir accéder à de nouveaux services. Mais ce pourcentage grimpe à 95% lorsque des exemples leur sont proposés dans le domaine bancaire et non bancaire.

Parmi les services bancaires les plus plébiscités, arrive en tête de liste la possibilité de réaliser des opérations de dépôt ou de retrait de billets et de pièces (en euros et/ou en devises étrangères) à 94%, suivi du retrait sans carte bancaire à 56% (que ce soit via l’utilisation d’un code à usage unique reçu par mail ou SMS ou à partir d’un smartphone en utilisant la technologie sans contact ou via un QR Code).

Puis vient la possibilité de prendre rendez-vous avec son banquier à 53% (que ce soit la prise de rendez-vous directement depuis l’automate ou la vidéo conférence). Ils sont 50% à manifester leur attrait pour le paiement de factures ou de mensualités de crédit.

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Certaines banques françaises ont partiellement anticipé cette demande de nouveaux services. La Caisse d'Épargne autorise des retraits d'espèces de 20 à 300 euros via un code unique reçu par SMS et ce depuis l'été 2016.

En terme de personnalisation, un usager sur deux se dit intéressé par la présentation de ses opérations favorites sur l'écran du DAB comme le fait de proposer systématiquement un retrait habituel de 50 euros avec reçu.

Les utilisateurs sont aussi prêts à débuter une opération bancaire sur un smartphone et à la terminer sur un automate bancaire. Dans ce cas, l'opération consiste à préparer le retrait d'argent sur son mobile et à effectuer ce retrait d'espèces via la technologie sans contact ou un QR Code gérés sur le distributeur. Les personnes interrogées sont presque aussi nombreuses (27%) à vouloir géolocaliser le distributeur automatique de billets le plus proche et à en vérifier les services disponibles depuis leur smartphone.

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Une partie des personnes interrogées par Opinion Way sont également intéressées par la mise à disposition de services non bancaires sur leur automate.

En effet, 43% des Français souhaiteraient par exemple pouvoir réserver et imprimer des billets de spectacle ou d’événements sportifs directement depuis leur distributeur automatique de billets, 42% payer leurs factures et 36% souhaiteraient gérer leurs remboursements de crédits directement sur les distributeurs automatiques de billets.

De nouvelles offres sont donc à considérer pour les banques même s'il leur sera difficile d'en tirer une source de revenus additionnelle. Seuls 14% des usagers se déclarent prêts à assumer un coût supplémentaire pour accéder à ces nouveaux services sur l’automate. Et à condition que cela leur coûte moins de 2 euros en moyenne par service.

Frédéric Bergé