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Comment une députée veut inciter les banques à "créer des produits financiers en faveur des PME"

Il s'agit d'inciter les banquiers à proposer des produits finançant les PME

Il s'agit d'inciter les banquiers à proposer des produits finançant les PME - Mychèle Daniau - AFP

La commissaire principale au Budget Amélie de Montchalin veut que les acteurs de la finance proposent davantage de placements aux épargnants finançant les entreprises. Elle n'écarte pas une loi coercitive pour les obliger à prendre ce virage.

On peut avoir travaillé pour BNP Paribas et demander aux banques de se retrousser les manches. C'est le cas de la députée LaREM de l'Essonne et commissaire principale du budget Amélie de Montchalin.

Cette valeur montante de la majorité sur les bancs de l'Assemblée, très en vue ces derniers temps avec les débats autour du projet de loi de Finances pour 2018, a notamment décidé de mener une croisade: inciter les intermédiaires financiers à proposer aux Français davantage de produits d'épargne qui financent l'économie réelle.

Elle veut ainsi que ces intermédiaires "changent de discours, adaptent leurs produits et ne disent plus 'mon cher client pour investir ce sera le PEL, l'assurance-vie ou le livret A", expliquait la députée il y a deux semaines sur BFM Business.

Des résultats d'ici 12 à 18 mois

Dans Le Parisien de ce lundi, elle donne davantage d'explications sur sa méthode. "J'ai donné rendez-vous à tous les banquiers, assureurs, gestionnaires de patrimoine et autres organismes de conseils en placements le 22 janvier à l'Assemblée. Ils devront me remettre une feuille de route où ils s'engagent à créer des produits financiers en faveur des PME, à former leurs équipes pour les vendre au grand public, à changer leurs discours. D'ici 12 à 18 mois nous vérifierons que les placements des Français ont été légèrement réorientés", détaille-t-elle.

"Je suis convaincue que nous pouvons les responsabiliser", ajoute-t-elle. Amélie de Montchalin, en évoquant ensuite la bonne vieille tradition du bâton et de la carotte. "D'ailleurs nous pourrons mettre en avant les banquiers qui font des efforts…et si les banquiers ne veulent pas nous accompagner, le ton montera d'un cran et nus irons voir ensemble le Premier ministre, voire le président. Enfin le cas échéant, l'an prochain nous envisagerons une loi coercitive", détaille-t-elle. Pour ce qui est de l'objectif, la députée estime que "si nous trouvons 4 ou 5 milliards d'euros c'est un coup de pouce formidable pour l'économie".

J.M.