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Brexit: les grandes banques prêtes à déménager... mais pas à Paris

Les premiers arbitrages commencent à tomber: Citigroup et Goldman Sachs envisagent de délocaliser une partie de leurs activités. À Dublin pour la première, à Francfort pour la seconde. La France peine, elle, à séduire.

Le gouvernement britannique est encore loin d'avoir avancé sur les modalités du Brexit acté, sur le principe, en juin dernier. Mais les grandes banques américaines ont, elles, visiblement décidé d'agir vite. Bien que la Banque Centrale européenne n'ait pas encore décidé si Londres pourrait ou non conserver son passeport européen, l'indispensable sésame permettant à une entreprise de vendre des produits financiers dans toute l'Union européenne, elles commencent déjà à mettre des options sur certains pays. Quoi qu'il arrive, le Royaume-Uni sortirait bien perdant.

Dans ce contexte, toutes les grandes places financières (Paris, Francfort, Luxembourg, Dublin, Amsterdam... ) se livrent une intense compétition. Paris semble avoir bien du mal à convaincre. Selon Reuters, Goldman Sachs envisagerait de transférer une partie de ses actifs et de ses opérations de Londres à Francfort. D'après le Sunday Times, Citigroup pourrait délocaliser 900 postes à Dublin. Une information démentie par l'un des responsables de la banque, qui assure qu'aucune décision n'est arrêtée.

"Beaucoup de banques regardent Francfort"

"Les jeux restent en effet très ouverts", nous assure le patron d'une grande banque française, en contact permanent avec ses homologues étrangers. Mais il confirme: "Beaucoup de banques regardent Francfort". Selon cette même source, Dublin passe aussi pour une solution de facilité car elle offre le même fuseau horaire et la même langue avec, de surcroît, une fiscalité avantageuse.

Pour Paris, en revanche, la compétition s'annonce compliquée. "Le droit du travail et la flexibilité est l'un des critères les plus regardés", souligne cette même source. Ce qui ne plaide pas en faveur de la capitale de la France. Enfin, les députés viennent également d'envoyer un très mauvais signal. Lors du débat à l'Assemblée sur le projet de Budget en première lecture, ils ont décidé d'augmenter la taxe française sur les transactions financières. La France est déjà le seul pays avec l'Italie a avoir instauré une telle taxe.

Francfort, Luxembourg, Amsterdam... aucun autre de nos concurrents dans la course à l'attractivité n'a ainsi mis en place une telle mesure. Autant dire qu'en pleine réflexion sur d'éventuelles délocalisations, cela n'a sans doute rien arrangé.

Caroline Morisseau