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En 2019, les rémunérations des patrons du CAC 40 ont baissé

La rémunération des patrons de PME est bien loin des sommes déclarées par les dirigeants du CAC40, selon  la CGPME.

La rémunération des patrons de PME est bien loin des sommes déclarées par les dirigeants du CAC40, selon la CGPME. - -

Selon le rapport annuel du cabinet Proxinvest, les rémunérations des dirigeants des 120 plus grosses entreprises françaises ont grimpé l'an passé, sauf chez les patrons du CAC.

C'est un fait suffisamment rare pour être noté. L'an passé, les rémunérations des patrons des grandes entreprises cotées de l'indice CAC40 de la Bourse de Paris ont reculé.

Et le repli n'est pas marginal puisqu'il atteint en moyenne 10% à 5,18 millions d'euros annuels, selon la dernière édition du rapport annuel du cabinet Proxinvest contre +12% en 2018 à 5,77 millions d'euros (un niveau record).

En cause, la modération sur les bonus versés (part variable du salaire) dont les montants ont baissé de 8%. Difficile d'expliquer ce recul selon le cabinet mais on se souvient que la crise des Gilets jaunes avait mis la pression sur les grands patrons et leurs rémunérations.

Le cabinet a dénombré huit cas de réduction et trois cas de renonciation au bonus annuel au titre de 2019 (Thierry Breton chez Atos, Olivier Brandicourt chez Sanofi et le patron d'EssilorLuxottica).

Deuxième moyenne la plus élevée sur 10 ans

Parmi les autres raisons expliquant cette baisse marquée de la rémunération totale moyenne dans le CAC 40, Proxinvest mentionne également "le départ de Carlos Ghosn", ex-numéro un de Renault-Nissan qui figurait dans le classement des rémunérations au titre de 2018, ainsi que la baisse des rémunérations en actions.

Pour autant, le rapport souligne que malgré cette baisse sensible, le salaire moyen de 2019 des dirigeants du CAC représente "la deuxième moyenne la plus élevée sur 10 ans". D'autant plus que la part fixe de ces dirigeants a bel et bien augmenté: +2,7%, "une hausse beaucoup trop rapide par rapport à l'inflation moyenne de 2019 de 1,1%", estime Proxinvest.

Le Top 5 des dirigeants les mieux payés est composé de:

-Bernard Charlès de Dassault Systèmes (24,7 millions d'euros) "grâce à une très généreuse attribution gratuite d’actions de performance",

-Douglas Pferdehirt de TechnipFMC (13,7 millions d'euros) "alors que la société affiche des pertes nettes de 2,5 milliards d'euros et que le cours de l'action a baissé de 42%", note Proxinvest.

-Daniel Julien de Teleperformance (13,2 millions d'euros) qui fait son entrée dans le Top5. "Sa rémunération fixe (2,34 millions d'euros) est la plus élevée du CAC 40" souligne le cabinet.

-François-Henri Pinault, Président Directeur Général de Kering, avec 11,1 millions d'euros selon Proxinvest (5,4 millions selon la société).

-Jean-Paul Agon, Président Directeur Général de L’Oréal, avec 9,8 millions d'euros, une rémunération en hausse de 3%.

Si on considère les 120 plus grandes entreprises françaises cotées (SBF 120), la rémunération moyenne de leurs patrons a progressé de 2% l'an passé avec une médiane à 3 millions d'euros (50% sont payés plus, 50% sont payés moins) et une moyenne à 3,7 millions d'euros, soit le troisième niveau le plus élevé historiquement.

Olivier Chicheportiche avec AFP