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Un peu de convivialité dans l'ascenseur du bureau

L'ascenseur du bureau est à peu près aussi chaleureux que le métro parisien. Mais avec un peu de civisme et un peu de fun, on peut y remettre un peu de convivialité.

N'essayez pas de nous faire croire que vous lisez vos mails ou que vous réfléchissez à vos dossiers en cours. On sait pertinemment ce que vous faites quand vous êtes tout seul dans l’ascenseur du bureau. Comment? Parce que pour une fête corporate, une grande entreprise américaine a installé des caméras cachées dans ses ascenseurs. Et elle a constaté un phénomène quasi-sociologique: si vous êtes une femme, vous vous recoiffez face au miroir. Si vous êtes un homme, vous fouillez probablement vos narines.

Il y a aussi ceux qui prennent discrètement l’ascenseur pour monter du deuxième au troisième. Et ceux qui sont dedans qui leur jettent un regard plein de mépris. Mais le meilleur est sans doute ce shérif américain, filmé à son insu à quelques jours de son départ en retraite. Il monte dans l’ascenseur, son téléphone jouant cette musique entraînante, "Watch Me (Whip/Nae Nae)", qui fait onduler tous les États-Unis ces derniers mois. Et il se met à swinguer. La porte s’ouvre, une collègue monte. Au début timide, elle se met à se trémousser elle aussi. Encore d’autres montent, et tout le monde se retrouve à "discotéquer" dans l’ascenseur. La vidéo est devenue virale.

Vous conviendrez qu'on est assez loin de la réalité de la vie de bureau. Dans les faits, l’ascenseur du bureau est à peu près aussi chaleureux que le métro parisien. On y goûte une promiscuité non-choisie en fixant ses chaussures pour éviter de croiser le regard de collègues qu’on ne connaît pas forcément.

On scrute son smartphone, même si chacun sait que le réseau n’est pas bon. On lance “dis-donc, c’est l’été ou c’est pas l’été?”. Assez peu original: selon le sociologue Anthony Mahé, la météo, c’est le thème de conversation phare de l’ascenseur.

On ne spoile pas dans l'ascenseur plein

Et là, les minutes sont longues, très longues. Sur un an au bureau, on passe, tenez-vous bien, 2,5 jours dans cet espace exigü, selon une étude IBM parue en 2010. Et on perd six jours par an à l'attendre!

Pour rendre ce moment le moins pénible possible, on peut se rappeler les bases du civisme, qu'on oublie parfois avec le temps et le stress. Dites “bonjour” en entrant, “bonne journée” en sortant. Pitié, pas de “bon courage”. Soyez sport, tenez la porte à celui qui arrive au loin avec son regard effaré. D’autant plus si vous ne savez pas qui c’est, ce pourrait être votre nouveau chef. Et enfin, sans doute le plus important: quand il y a d’autres passagers inconnus, ne parlez jamais du dernier épisode de Game of Thrones.

Nina Godart